Attention, risque de spoiler


Attention, risque de spoiler

Si vous comptez jouer les campagnes l'éveil du seigneur des runes [ESR], la malédiction du trône écarlate [MTE], le retour des ténèbres [RDT], Kingmaker [KMK] ou la couronne de charogne [CCH], je vous déconseille la lecture de ce blog. En effet, il contient principalement des comptes rendus de parties jouées dans le cadre de ces campagnes, et vous vous gâcheriez la surprise en le parcourant.

Dans l'éveil du seigneur des runes, que j'anime, je raconte les aventures d'un jeune groupe d'Eclaireurs mandatés par la cellule de Magnimar pour s'installer dans la petite ville de Pointesable et mettre à jour les secrets liés à cet endroit.

Dans la malédiction du trône écarlate, que j'anime également, je raconte les exploits d'un groupe de citoyens de Korvosa devenus les héros de la ville un peu par hasard suite aux événements qui agitèrent celle-ci après la mort du roi.

Dans le retour des ténèbres, que j'anime aussi, je raconte les péripéties de quelques aventuriers qui se sont rencontrés à Port-Enigme à l'occasion d'un tournoi de jeu de hasard.

Dans Kingmaker, que j'anime tout autant, je raconte les découvertes d'un groupe d'explorateurs envoyés par le Brévoy pour pacifier la Ceinture Verte dans le but d'y fonder une nation stable.

Dans la couronne de charogne, où je suis joueur, je raconte les aventures d'un petit groupe d'amis réunis par le décès d'un proche, le Professeur Lorrimar, sous forme d'un carnet de route tenu par Stephan Markov, mon personnage, jeune prêtre de Pharasma.

Bonne lecture !

13 sept. 2012

Trompez le diable et empochez son or ! [RDT]


En dehors de la tache noire apparue dans le ciel de Port Enigme quelques semaines plus tôt, le principal sujet de conversation des habitants ces derniers jours était le grand tournoi organisé à la salle de jeu du Gobelin Doré, pour sa réouverture, par son nouveau propriétaire, Saul Vancaskerskin. Pensez donc, 10000 pièces d’argent pour le vainqueur…

Le fameux tournoi battait donc son plein, plusieurs centaines de joueurs étaient venus tenter leur chance. Saul avait vu les choses en grand et n’avait pas lésiné sur le côté grand-guignolesque de l’événement ; un décor évoquant les enfers, des dizaines de braseros, des serveuses déguisées en succubes, et même un véritable diablotin enfermé dans un cage : le Vieux Gratouille lui-même, mettant en jeu son trésor contre l’âme des participants. Excusez du peu !

C’est ainsi qu’au milieu de la nuit, à l’heure où les premiers malheureux quittent les tables sans plus un cuivre en poche, un événement inattendu vient bousculer le cours de la soirée. Une poignée de pièces tombent par terre, retentissant comme le signal du début du spectacle. Un homme sort des toilettes et termine la lecture d’un parchemin ; En un instant, la lumière de tous les braseros semble s’amplifier et exploser, aveuglant les trois quarts de l’assemblée. Une voix féminine domine le brouhaha de la salle.
« OK les gars ! Couchez-vous par terre, ne tentez rien de stupide et nous vous laisserons peut-être en vie ! »
Plus de la moitié des clients obéissent aux ordres, tandis que les autres, pensant être définitivement aveugles, paniquent et courent en tous sens. L’homme sorti des toilettes s’avance calmement vers l’estrade au centre de la salle tout en lisant un autre parchemin. Le coffre contenant tous les gains de la soirée rétrécit soudain, jusqu’à n’être plus qu’une petite cassette à peine plus grande qu’une main…

Tandis que les complices du mage surgissent de tous coins et mettent hors d’état de nuire les sorteurs du Gobelin Doré, lui même et sa compagne, une jeune dame armée d’une arbalète, montent sur l’estrade. Mais avant qu’ils n’aient posé la main sur le coffret, un demi-elfe – il se nomme Milo, et je pense que nous en parlerons souvent – s’en est emparé. Le voilà déjà filant à travers la salle, essayant de disparaître sous une table de goulette…

A l’autre bout de la salle, le compagnon de jeu de Milo, un rôdeur nommé Harold, jure comme un charretier. Non seulement il n’y voit plus goutte à cause de ce foutu sort de pyrotechnie, mais son ami en a profité pour fiche le camp sans le prévenir… Et connaissant son incroyable don à s’attirer des ennuis, cela ne présage rien de bon.

Harold décide donc, malgré son infirmité passagère, de sortir son épée et de s’avancer au milieu de la salle en invectivant tout le monde, espérant laisser à Milo le temps de se cacher tandis qu’il détourne ainsi l’attention.

Du reste, il n’est pas le seul à avoir sortir les armes pour réagir au hold-up. Je ne parle pas des sorteurs, rapidement débordés par les malandrins qui ont du reste commencé la collecte parmi les clients, mais de Norja, jeune guerrière naine qui a, malheureusement pour eux, croisé leur chemin. En trois coups de hache, elle étale pour compte deux malandrins, plutôt surpris par la résistance musclée qu’ils rencontrent.

Deux autres clients du Gobelin Doré ne restent pas inactifs ; Quintus, un jeune prêtre de Pharasma, après avoir appelé sur lui les faveurs de sa déesse, s’approche des videurs pour les remettre sur pieds. Quant à son compagnon, un elfe aux allures de marin nommé Erelden, sans avoir l’air d’y toucher, lance un sort de graisse sur l’estrade où se trouvent les deux protagonistes principaux du casse, avant de tirer calmement sa rapière du fourreau.

Ensuite, tout se passe très vite. En essayant de localiser le « voleur » de coffre, le mage et l’arbalétrière glissent et se retrouvent au sol. Les malandrins se retrouvent aux prises avec des adversaires qui semblent sortir de partout et plusieurs préfèrent opter pour une fuite rapide. Ceux qui restent tombent sous les coups de Norja, Harold et Erelden. Même Milo se joint à la fête, sortant de sous la table pour achever un adversaire qui lui tournait le dos en tombant au sol… Bientôt le mage se retrouve seul, sa compagne ayant subi le même sort que les malandrins qui n’avaient pas été assez sage pour prendre la poudre d’escampette. Avec pour seule arme sa baguette magique, il parvient à tenir en échec ses adversaires presque trois secondes et demi, avant de mordre, lui aussi, la poussière…

Un instant après, Saul surgit de la cuisine…
« Que s’est il passé ici ? »
S’ensuit une certaine confusion, entre les héros d’un soir bien décidés à faire valoir leurs exploits, les clients mécontents qui exigent d’être remboursés et les blessés qui réclament des soins. Dans tout ce tumulte, on remarque à peine un demi-elfe, un mage nommé Cruaver. Aveuglé au début du combat, il était resté jusque là en réserve, préférant ne pas lancer de sorts au hasard pour ne pas blesser des innocents – pour autant qu’il s’en trouve à Port-Enigme. Ce demi-elfe, donc, vient proposer son aide pour interroger le mage braqueur et identifier ses possessions.

Après que Saul ait promis aux clients mécontents qu’ils seraient remboursés à concurrence de 110 % de la valeur de leurs jetons, il rejoint ses sauveurs. Entre temps, Milo, après avoir hésité à partir avec le coffret, l’a discrètement remis dans le sac du mage toujours inconscient.

S’ensuit un interrogatoire qui ne leur révélera pas grand chose. Le mage se nomme Angvar Thestlecrit, et sa compagne se nommait Thuvalia. A eux deux ils avaient monté un plan suite à l’annonce du tournoi et avaient recruté une demi-douzaine de petites mains comme on peut en trouver par centaines en ville. Ils avaient misé sur l’effet de surprise qui s’était retourné contre eux et… voilà.

Alors que le petit groupe vient de décider de vendre Angvar comme esclave plutôt que de le tuer, Saul se frotte les mains…
« Mes amis, notre rencontre n’est pas fortuite. Après un désastre comme celui de ce soir, tout autre que moi aurait baissé les bras, mais… Mais avec des personnes aussi douées que vous, je suis certain que le Gobelin Doré peut devenir le meilleur tripot de la ville en peu de temps. J’ai besoin de partenaires pour que cette affaire marche. Je vous offre 10 pièces d’or par semaine, plus le couvert et le gite, si vous bosser pour moi. De plus, si nous faisons de bonnes affaires, vous aurez un pourcentage sur les gains… »

C’est ainsi qu’après quelques minutes de négociation où les antécédents douteux de Saul et sa volonté de repartir sur de bonnes bases étaient évoqués, la Salle de jeu du Gobelin Doré comptait six nouveaux employés, qui venaient rejoindre Larur Feldin (le gérant de l’établissement, un nain), Hans et Beyar (les deux seuls videurs à être restés fidèles à Saul après la débandade qui avait suivi le hold-up) et Bojask, le garde du corps de Saul.

Avec une telle bande de bras cassésves gens, nul doute que le Gobelin doré est promis au plus radieux avenir !

6 sept. 2012

Coming-out royal [MTE]

Quelques semaines ont passé depuis que les héros de Korvosa ont trouvé un remède au voile de sang qui ravageait la ville. Seule la Vieille Ville est toujours isolée, condamnée à la quarantaine par la Reine qui refuse de lever la sanction tant que l’île sera agitée par les émeutes qui y font rage…

Brecht a des amis là-bas. Comme beaucoup de personnes, il s’est arrangé ces derniers temps pour faire parvenir des vivres sur l’île, mais il veut aller plus loin. Il suggère que la ville les envoie, lui et ses compagnons, comme émissaires pour calmer les émeutes et ramener la paix, afin que la circulation puisse être à nouveau ouverte avec le reste de la cité. Cressida Kroft accueille la proposition avec bienveillance, et promet d’en toucher un mot à la Reine Iléosa à l’occasion du prochain conseil. Du reste, les différents clergés de la ville sont mis au courant de ce projet et promettent de soutenir la proposition.

C’est ainsi que les instances dirigeantes de la ville se réunissent pendant plus d’une journée en huis clos, jusqu’à ce que l’annonce se répande dans les rues que la Reine fera une allocution publique dans la cour du château dès le lendemain matin. La première depuis la fin de l’épidémie.

Les héros de Korvosa sont bien sûr présents dans la foule qui se masse dans la cour du château le lendemain, curieux d’entendre ce que la Reine va annoncer, et espérant qu’elle accédera à leur requête. Cette dernière apparaît sur les remparts, accompagnée de sa garde du corps, Sabina Merrin, de la Maréchale Kroft et de l’Amiral Endrin ainsi que de son nouveau conseiller à la silhouette imposante, un certain Togomor. Orgian remarque également que la Reine porte une nouvelle couronne, qui semble faire d’os anciens, mais n’en dit rien à personne pour l’instant.

La Reine commence son discours en rappelant que l’épidémie qui avait ravagé Korvosa était enfin vaincue, et que même si elle avait couté la vie à de nombreux korvosiens, les survivants ne pouvaient qu’en sortir plus fort. Elle regrettait cependant la perte du bon docteur Davaulus, fer de lance de la lutte contre la maladie, assurant à ses concitoyens que son corps avait été rapatrié au Chéliax avec les honneurs qui lui étaient dû. A ce moment du discours, la foule commence à s’agiter, quelques huées fusent, encouragées par les héros de la ville. Cressida Kroft et Marcus Endrin semblent accuser le choc ; ils ne s’attendaient visiblement pas à un tel discours.

Mais les choses n’en restent pas là… Rappelant que l’Ordre de la Pointe s’est lâchement retiré dans sa citadelle et que ni la garde ni la compagnie du sable, diminuées par l’épidémie et les troubles qui avaient agité la ville ces derniers temps, ne sont plus en état d’assurer la défense de la ville, elle a décidé de confier la protection de Korvosa aux vierges grises. Elle nomme dans la foulée Sabina Merrin au poste de Générale de cette nouvelle armée. Une nouvelle vague de protestations est réduite au silence par Togomor, qui use de magie pour étouffer tous les sons provenant de la cour, afin que la Reine puisse poursuivre son discours paisiblement.

Elle annonce ensuite sa décision de nommer le dit Togomor au poste de Sénéchal de la ville, et enchaîne sur sa décision de dissoudre la compagnie du Sable, dont les effectifs restants seront ralliés à la garde de la ville. Elle demande donc à Marcus Endrin de s’avancer pour lui remettre son insigne de commandement. Ce dernier accuse le coup ; en tremblant il arrache l’insigne… Et le jette au visage de la Reine, médusée. Il profite de cet instant de flottement pour dégainer son arbalète, l’armer d’un geste vif et précis, et, à bout portant, tirer un carreau dans la gorge de la Reine…

« Ton règne honteux s’achève ici ! Korvosa est libre ! »

Mais Iléosa n’a pas bronché. A peine Marcus a-t-il baissé son bras vengeur que la Reine à retiré le carreau, pourtant planté dans sa gorge jusqu’à l’empennage, et se jetant sur l’ex-Amiral, le soulève par le cou comme s’il ne pesait rien et lui plante le trait dans le cœur avec une rage et une force inattendue…

« Voici ce qui attend tous les ennemis de Korvosa ! Souvenez vous de cette mort ! Ce n’est que la première ! »
Suite à quoi elle jette le corps d’Endrin au bas des remparts, au milieu de la foule. Un instant plus tard, Togomor lui saisit la main et tous deux disparaissent, tandis que la Générale Merrin donne ordre à ses troupes de disperser la foule. Quelques fumigènes lancés par Silas et un sort d’hébétement de zone produit par Kresh permettent aux héros, aidés par Cressida encore sous le choc, de récupérer le corps de Marcus Endrin et de le ramener à la citadelle à moindre frais.

Le projet de rallier au plus vite les restes de la Compagnie du Sable tourne court ; lorsque les héros arrivent sur place, les Vierges Grises tiennent en respect une quinzaine d’officiers de la Compagnie alors que quelques cadavres – dont une poignée de griffons – jonchent les rues environnantes. Cressida essaie de rallier un maximum de gardes et de les ramener à la Citadelle, mais informe finalement ses amis qu’elle estime que toute tentative de révolte est vouée l’échec dans l’immédiat. La Reine ou ceux qui la contrôlent ont bien préparé leur coup ; les Vierges Grises sont maîtres de la ville.

Les héros de la ville se rendent ensuite au manoir de la famille Endrin, pour remettre la dépouille de Marcus à sa famille. Ils sont reçus par sa sœur, Brieanna, qui les remercie de leur geste et leur promet de leur rendre la pareille quand elle en aura l’occasion. Dans l’immédiat, elle leur dresse un portrait de la politique et des grandes familles de la ville pour arriver à la conclusion qu’il ne faut espérer aucune aide de ce côté… Seule peut-être la famille Arkona, dont les dirigeants sont coincés dans la Vieille Ville par la quarantaine, aurait la volonté et les ressources nécessaires à s’opposer à la Reine.

En fin d’après-midi, ils retournent à la citadelle, où la Maréchale a demandé à les voir. Après les avoir mis en garde contre le fait qu’ils étaient désormais persona non grata dans l’enceinte de la ville, elle leur montre une lettre de Vencarlo Orisini qui vient de lui parvenir. Ce dernier aurait des informations sur la Reine, et parle d’un pacte avec les diables… Il suggère que son amie lui envoie les fameux héros de Korvosa, qui l’ont tellement impressionné lors de leur dernière rencontre.

Cressida abonde dans ce sens. Rentrer dans la vieille Ville à la faveur de la nuit pour rejoindre Orisini doit être à leur portée ; c’est quitter l’île qui est plus difficile. Du reste, elle est convaincue qu’ils seront, paradoxalement, plus en sécurité dans la zone de quarantaine, où les vierges grises ne patrouillent pas. Elle s’est déjà arrangée pour que les gardes de la porte du Pont Nord soient uniquement des hommes de confiance durant cette nuit. Elle leur suggère de quitter le centre pour se cacher à Fin-de-Piste jusqu’à ce qu’une opportunité de rejoindre la Vieille Ville se présente. Le plus tôt sera le mieux ; ce soir les Vierges Grises sont trop occupées à affirmer leur mainmise sur les différents quartiers, mais il y a de fortes chances pour que, dès les jours qui suivent, elles soient envoyées perquisitionner à la Taverne-sans-nom et aux autres endroits fréquentés habituellement par le groupe…

Cressida leur suggère par ailleurs de quitter la ville quelques temps quand ils auront récupéré les informations de Vencarlo… Lui même à des amis hors de la ville qui pourront les abriter ; sans doute d’ailleurs voudra-t-il les accompagner. Elle est convaincue qu’en restant en ville ils finiraient par se faire prendre. Elle promet du reste de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger leurs proches en leur absence.

Le temps de rassembler le principal et de se déguiser pour éviter d’attirer l’attention des sbires de la Reine, le groupe traverse la ville et rejoint Fin-de-Piste, accompagné par Grau Soldado… Là bas, ils sont installés dans un hangar aménagé pour les recevoir le temps de leur séjour. Celui-ci sera d’ailleurs fort bref, puisqu’ils décident de traverser le Jeggare la nuit même, pour minimiser les risques qu’on les retrouve trop tôt.

C’est ainsi que, profitant du couvert d’une nuit particulièrement nuageuse, les héros de le ville se glissent silencieusement le long de l’onde, en direction de la Vieille Korvosa…

29 août 2012

Rencontres de comptoir [KMK]


Sachez que le porteur de cette charte est placé sous les ordres des Seigneurs des épées de Restov, qui agissent pour le plus grand bien et sous l’égide du régent du trône de l’Écaille de dragon, qu’il est autorisé à explorer la région sauvage que l’on appelle la Ceinture verte et à y voyager. Cette autorisation se limite à une zone de soixante kilomètres à l’est et à l’ouest du Comptoir commercial d’Oleg et de cent kilomètres au sud. Le porteur de cette charte devra lutter contre le banditisme et toute autre activité illégale qu’il rencontrera. Comme toujours, les bandits impénitents seront condamnés à mort, par l’épée ou par la corde. Le 24 de calistril, sous l’œil attentif du seigneur de Restov, dépositaire de l’autorité du seigneur Noleski Surtova, actuel régent du trône de l’Écaille de dragon.

Tels étaient les mots qui étaient écrits sur la charte portée par les six nouveaux venus au comptoir d’Oleg ce soir là. Du reste leur arrivée ne semblait pas enchanter le propriétaire des lieux… Heureusement, Svetlana, son épouse, avait fait de son mieux pour les accueillir et leur trouver un peu de place dans l’enceinte de l’ancien fort. C’est qu’elle avait quelque chose à leur demander. Elle savait que son époux n’en parlerait pas, par orgueil, mais il fallait que quelqu’un fasse quelque chose au sujet de ces bandits !

Depuis trois mois, en effet, un groupe de bandits venait au comptoir à intervalles réguliers et exigeait un lourd tribu en or et marchandises. La première fois, Oleg leur avait tenu tête ; il avait failli y perdre une main… Quant à Svetlana, elle avait échappé de peu à un sort horrible. Si ses calculs étaient justes, les bandits reviendraient demain. Il fallait profiter de la venue de ces gens venus de Restov pour mettre fin à leurs agissements. Peu importe qu’ils ne fussent pas les miliciens attendus, mais de simples cartographes, ils avaient l’air de savoir se défendre.

Il y avait d’abord Nathanaël, un magicien elfe aux manières charmantes. Il était arrivé le premier et n’avait quasiment pas quitté le feu des yeux de toute l’après midi. Il lui semblait trop bien habillé et trop jeune pour partir sur les routes ; mais il paraît que les elfes ne vieillissent pas, alors…

Ensuite était venu Yann. La longue épée qu’il portait dans le dos lui avait fait penser qu’il était un guerrier, mais elle s’était ensuite rendue compte que les larges bords de son chapeau cachaient des yeux d’un blanc laiteux… Après réflexion, elle s’était dit qu’il devait s’agir d’une sorte de juge ; il citait souvent Iomédae et Abadar et portait une balance accrochée à sa ceinture.

La troisième était une jeune humaine à la voix douce, Tabea. Une mignonne petite blonde qui lui aurait sans doute paru sans défense si elle ne portait pas avec assurance une rapière et une arbalète. Elle avait chanté près du feu après son arrivée, et Svetlana n’avait jamais rien entendu d’aussi charmant.

Plus tard dans l’après midi, ils avaient été rejoints par un gnome aux cheveux bleus. Elle n’était pas certaine d’avoir bien retenu son nom, ni d’avoir bien compris son métier. Une sorte d’ensorceleur, croyait-elle… En tous cas, il avait l’air sûr de lui !

Il était suivi de prêt par une sorte de guerrière naine, Agna. Elle n’était guère causante, comparée aux autres, mais on dit que les nains sont des guerriers talentueux. Si elle en jugeait par la taille de sa hache, celle-ci ne devait pas déroger à la règle.

Le dernier arrivé, peu avant le souper, était un halfelin nommé Shaparn. Son entrée en scène avait causé un peu d’agitation parmi les montures, parce que lui même chevauchait un loup. Heureusement, ce dernier était domestiqué. Shaparn se disait chevalier, et c’est sans doute lui qui accueillit sa demande d’aide avec le plus d’enthousiasme.

Ces six aventuriers ne se connaissaient pas au matin, tout ce qu’ils avaient en commun, c’était une charte les autorisant à explorer et à pacifier la région. Et au terme d’un simple repas servi par Svetlana, ils étaient rassemblés autour du feu, à planifier la manière dont, le lendemain, ils mettraient fin aux agissements honteux des bandits.

Et donc, le lendemain matin, tout le monde était à son poste. C’est Tabea qui, postée sur les anciens remparts du comptoir, signala l’arrivée imminente des bandits. Six hommes, huit chevaux. Comme prévu, après avoir attaché leurs chevaux hors du comptoir, ils entrèrent dans la cour, sûrs d’eux. Oleg avait entassé le butin bien en vue, comme à l’accoutumée. Mais près de celui-ci était assis Yann. Lorsque le chef des bandits, un certain Happs Bydon, lui demanda la raison de sa présence, Yann expliqua qu’il était là pour leur faire renoncer à leur vie de rapines. D’abord rigolard, Happs se ravisa lorsqu’un de ses hommes lui fit remarquer que le nouveau venu ne semblait pas être seul.

Alors que Shaparn venait d’enjoindre les bandits et se rendre et à se repentir, Happs donna l’ordre à ses sbires de reculer « Allez, c’est bon, on se repent et on s’en va… Tout va bien, vous voyez ? ». Mais Yann ne voyait pas les choses de cette façon… « Non vous n’allez nulle part, vous devez êtres jugés, messieurs. »

Les bandits continuaient de reculer, sur leurs gardes. Agna commençait à se dire qu’à ce train, ils finiraient par repartir chez eux comme si rien n’était arrivé ; elle se déplaça pour leur couper la retraite. Yann n’avait de toute façon pas l’intention de laisser partir qui que ce soit et fit un pas en avant, épée en main. La réaction de Bydon fut immédiate ; il décocha une flèche en direction du jeune homme, déclenchant les hostilités. C’était le signal qu’attendait Agna. Sa hache s’abattit dans le thorax d’un des bandits, le mettant hors d’état de fuir. Nathanaël, d’une brève incantation, enflamma un autre bandit. Shaparn lança son loup sur leur chef…

Un instant plus tard, Happs Bydon, coincé sous Longuepatte grognant, ordonnait à ses hommes de baisser les armes. Deux des bandits préférèrent toutefois tenter leur chance en fuyant. Mais Tabea, chantant sur les remparts pour se donner du courage, avait son arbalète en main, et fit mouche sur un des deux. Le malheureux, déjà blessé, se fit ensuite attaquer par un aigle surgi de nulle part – mais mon petit doigt me dit que Benshanrem, le gnome, que l’on a pas vu de tout le combat, n’était pas étranger à son apparition.

Le dernier bandit est rattrapé par Shaparn et son loup quelques instants plus tard. La victoire a été remportée presque sans coup férir !

Après les chaleureux remerciements de Svetlana (et d’Oleg), le petit groupe se met en devoir d’interroger les bandits. Happs se montre plutôt coopératif, même si son langage est parfois grossier. Lui et ses hommes font partie d’une bande plus nombreuse, qui se cache dans la forêt au Sud-Ouest du comptoir. Il dirige le groupe avec une femme nommée Kressle, mais comme tous les bandits de la région, ils ont juré allégeance au Seigneur Cerf, une brute qui a la mainmise sur le banditisme dans la Ceinture Verte.

Bien que relativement coopératifs, ni Happs ni ses hommes ne sont vraiment disposés à trahir leurs compagnons en conduisant les aventuriers à leur camp. Du reste, ils ne semblent pas prêts à se repentir honnêtement, et la question se pose de ce que l’on va faire d’eux. Oleg a une réponse toute trouvée : il est occupé à monter six potences à l’extérieur du comptoir…

La solution apparaîtra dans la soirée : le sergent Kesten Garess rejoint le comptoir, accompagné de trois soldats portant la livrée de la garde de Restov. Ce sont les « renforts » demandés par Oleg et Svetlana il y a plusieurs semaines. Après leur avoir expliqué qu’ils arrivaient un peu tard, on demande au sergent son avis sur le devenir des bandits… Il propose d’envoyer, dès le lendemain, les bandits à Restov sous l’escorte de ses hommes. Ceux-ci n’ont pas l’air enchanté de devoir repartir à peine arrivés, mais dressent néanmoins leurs tentes pour la nuit, dans l’enceinte du comptoir, sans en dire d’avantage. S’ensuit une soirée agréable autour du feu, durant laquelle Tabea enchante l’assemblée de sa voix mélodieuse.

Le lendemain matin, un autre voyageur rejoint le comptoir : Jhod Kavken, un vieux prêtre d’Erastil, qui discutera longtemps avec Shaparn avant que le groupe ne se mette en route. Il a rêvé d’un ancien temple perdu dans la forêt ; il faudrait le retrouver et le libérer du mal qui l’habite, et il aura besoin d’aide pour y parvenir… Shaparn promet de garder les yeux ouverts.

Après un petit-déjeuner copieux, le groupe est prêt à partit vers la forêt. Svetlana aborde Agna pour lui demander de lui rapporter des radis lunaires si elle en trouve. De son côté, Kesten signale au groupe qu’il a un mandat pour un certain Falgrim Sneeg, que l’on soupçonne de se cacher dans la Ceinture Verte pour échapper à la justice. Voilà de quoi occuper leurs journées… Mais l’objectif prioritaire est de retrouver le camp des bandits, avant qu’ils ne réagissent à la disparition de Happs et de son groupe.

Tandis qu’Agna commence à remonter les traces laissées par les chevaux la veille, Benshanrem l’interrompt en lui disant que c’est inutile, puisque ces derniers sont disposés à conduire le groupe au camp. S’ensuit une discussion sur la capacité des gnomes à parler avec les animaux, qui laisse Shaparn dubitatif, surtout après que son loup ait essayé de mordre le gnome qui prétendait discuter avec lui… Le voyage s’annonce divertissant !

28 août 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 8 [CCH]

Suite au procès, J’ai dormi quelques heures. J’en avais vraiment besoin. Après une courte prière à Pharasma, je suis reparti en ville rejoindre mes frères et Gregori qui avaient commencé à enquêter sur le propriétaire de la trousse de chirurgie trouvée dans les marais de Morrast. Cette enquête nous a permis de découvrir les quartiers marchands de Lepidtstadt… J’ai fini par me lasser du jeu de piste, et ai laissé Yvan et Gregori en finir avec celui-ci. Il fallait que j’aille interroger les sœurs Garrow, Starle et Flicht avant la tombée de la nuit, afin de me renseigner sur les événement de Hergstag qui seraient instruits au tribunal le lendemain matin.

Au vu des événements de la veille, j’étais un brin méfiant, et acceptais volontiers l’assistance de Sacha et Nicolaï. Ma méfiance retomba bien vite. Nous avions devant nous trois vieilles filles accroc aux petits gâteaux et au Kir artisanal, qui ne représentaient un danger réel que pour les cerises sauvages. La bête était apparue dans leur village à une époque ou plusieurs enfants avaient disparu. Elle était venue rapporter le corps sans vie d’une petite fille, ce que les villageois avaient interprété comme une agression. Ils avaient donc pris les armes pour chasser le monstre, qui avait pris la fuite.

J’ai orienté la discussion sur les disparitions d’enfants. Selon mes interlocutrices, la plupart avaient disparu pendant la nuit, enlevés dans leurs propres maisons sans laisser aucune trace. Et ils étaient réapparus, sous forme de spectres, maudissant leurs aînés qui n’avaient pas pu les aider. La description qui m’en fut faite m’évoquait sans doute possible des âmes-en-peine. L’implication de la bête dans leur disparition me semblait fort improbable, d’autant que les choses n’avaient pas cessé après qu’elle ait été chassée à coups de pierres…

Sacha proposa alors de revivre les émotions de la soirée où la bête était venue au village grâce à sa magie. L’aînée des sœurs accepta d’ouvrir son esprit à ma sœur, sous ma surveillance. Après que j’aie invoqué la bénédiction de Pharasma, l’expérience débuta. Et confirma ce que je pensais… La bête qui était venue au village voulait simplement rendre le corps d’une petite fille, sans doute trouvée dans les marais. Son intention n’était pas d’effrayer, mais plutôt de rendre service, et elle semblait bien malheureuse d’avoir à fuir sous les invectives et les projectiles des villageois. Du reste, d’après Sacha, la bête qui se trouvait ce soir là à Hergstag était bien celle que l’on jugeait pour l’instant à Lepidtstadt. Nous avons ensuite pris congé, pensant aller dormir.

En fait, nous avons prolongé la soirée en enquêtant sur le meurtre commis en ville la nuit précédente. Nous n’avons pas trouvé grand-chose. Un négociant en tissus tué chez lui. Les blessures qui ont causé la mort causés par des griffes, sans doute un grand félin. Mais le crochetage des portes a été fait avec beaucoup de finesse, selon Yvan. D’après lui, il se pourrait qu’un lycanthrope soit derrière l’affaire.

Mes arguments pour défendre la bête me semblaient plus légers que le jour précédent, fondés sur un faisceau de constatations et l’utilisation de magie profane ; cependant, je crois avoir convaincu les juges, à défaut de l’assistance. Je pense que c’est l’évocation des âmes-en-peine qui a le plus penché en ma faveur.

Il faudra d’ailleurs, quand le procès sera fini que nous nous rendions à Hergstag pour apporter le repos à ces pauvres enfants…

Les plaidoiries du jour terminées, il me fallait préparer celles du lendemain. Nous nous sommes donc rendus chez Karl, assistant du docteur Brada, seul survivant connu de l’incendie du sanatorium de l’île de Karb. Avant de brûler, l’endroit soignait les handicapés physique et mentaux qui ne pouvaient pas vivre parmi la population de Lepidtstadt sans difficultés. Toutefois, Karl estime qu’aucun de leurs patients n’était réellement dangereux.

Selon son témoignage, qui me semblait de bonne foi, ayant constaté l’incendie, il a voulu porter secours au docteur Brada. C’est ainsi qu’il a vu la bête quitter son bureau… Il a alors perdu connaissance et s’est réveillé dans les jardins du sanatorium, meurtri, brulé et définitivement aveugle, quelques heures plus tard. Il suppose qu’une explosion l’a propulsé par la fenêtre et lui a fait perdre connaissance. Tout cela me semble un peu abracadabrant, mais sans connaître les lieux, difficile de juger. Les ruines du sanatorium n’étant guère éloignées de la ville, nous avons loué des chevaux pour nous y rendre.

A première vue, les déclarations de Karl semblent coller avec l’agencement des lieux. Une explosion a bel et bien ravagé le bureau du docteur Brada et en admettant que quelqu’un y ait survécu, il aurait pu être soufflé dans les jardins… Nous nous sommes donc mis à la recherche d’indices sur ce qu’il s’était passé ici il y a trois mois. C’est ainsi que nous avons découvert une trappe vers un étage souterrain. Karl n’avait rien mentionné de tel lorsqu’il nous avait décrit le sanatorium.

Les caves exhalaient un parfum mêlé de produits chimiques et de putréfaction assez insupportable ; il fallait cependant y descendre, et c’est Yvan qui semblait le plus indiqué pour nous servir d’éclaireur…

20 août 2012

La scierie des sept [ESR]

Après s’être assuré que tous ses compagnons dormaient à poings fermés, Milo, qui s’était glissé sous sa couette sans enlever son armure, se faufile hors de sa chambre et quitte la loge des éclaireurs après un passage pour les écuries. Quelques minutes plus tard, il traverse la ville en train de s’endormir sur le dos de Pat’Glu, en direction de la scierie des sept, bien décidé à découvrir ce qu’il s’y trame…

Après avoir lancé un sort améliorant la vitesse de sa monture au cas où les choses tournent mal, le voilà tambourinant à la porte de la scierie : «S’il vous plait, ouvrez-moi, je suis perdu, pourriez-vous m’indiquer le chemin vers… » Avant qu’il ne puisse terminer sa phrase, la porte s’ouvre et deux bras vigoureux le happent à l’intérieur du bâtiment. A l’intérieur, des chaines et des rouages  transforment le courant du Yondabakari en énergie pour scier les troncs charriés par le fleuve ; et même si à cette heure la scierie ne fonctionne pas, toute cette machinerie vibre et tourne bruyamment. Milo est aux prises avec trois énergumènes dont les costumes bariolés aurait pu le faire rire si leurs masques n’avaient pas été si franchement dérangeants et s’ils n’étaient pas armés de rasoirs longs comme son bras…

D’un grand coup de pied dans le visage de son ravisseur, Milo est parvenu à lui faire lâcher prise et à rouler au sol, mais un autre des… bûcherons (c’est d’habitude comme ça qu’on appelle les gens qu’on trouve dans une scierie) le pousse dans la machinerie avant qu’il ne puisse se relever. Heureusement la petite taille du paladin lui permet de se faufiler hors du piège sans se faire happer par la chaine dentée… Tout au plus cette dernière a-t-elle arraché sa spallière gauche et un petit bout d’épaule, dont il espère pouvoir se passer dans les minutes à venir.

Pensant sans doute s’être débarrassés du halfelin à bon compte, ses adversaires sont assez surpris de le voir ressurgir hors de la machinerie, et se jeter sur eux arme en main. En moins de temps qu’il n’en faut pour dire gloups, Milo met deux des costumés au sol, le dernier tombant nez-à-museau avec Pat’Glu en essayant de fuir la divine colère du héraut de Cayden Cailean. Le pleutre ayant eu, avant de trébucher sur une hache, le temps d’appeler à l’aide ses amis cachés dans les étages supérieurs, Milo décide qu’il est plus prudent d’aller chercher ses compagnons. Il a maintenant la preuve formelle que les habitants de la scierie sont des types tout à fait louches…

Après quelques explications raisonnablement convaincantes sur la façon dont il s’était retrouvé à se battre dans la scierie le plus légalement du monde, les éclaireurs sont réunis autour de Milo. Celui-ci parvient à les convaincre qu’il faut agir dès cette nuit ; Ils insistent toutefois pour aller chercher auparavant le sergent Kaddren, afin de rester dans la plus stricte légalité.

Quelques minutes d’observation laissent penser à Tyam que quelque chose se trame au dernier étage de la scierie ; de nombreuses lumières y sont allumées et des bruits étouffés s’en échappent régulièrement. Les gardes postés à l’extérieur de la scierie semblent nerveux… En peu de temps, les éclaireurs et le sergent mettent au point un plan d’attaque : un petit groupe, dont les membres sont capables d’atteindre le toit facilement par magie, rentrera discrètement par le pigeonnier, tandis que les autres rentreront en force par la porte principale, côté fleuve.

C’est ainsi que Tyam, Milo et Raven se retrouvent, quelques instants plus tard, à trois dans une petite pièce fermée et obscure. Juste à côté d’eux, se déroule de toute évidence une messe noire ; quelqu’un va être sacrifié dans les minutes qui suivent. Bizarrement, la voix de l’officiant rappelle quelque chose au génasi… Le juge Roncefer ! C’est lui qui semble diriger cette secte d’assassins. Des fidèles de Norgorber, le dieu du meurtre, s’il a bien compris. Mais il n’a guère le temps de réfléchir aux implications de sa découverte : l’intrusion de ses compagnons aux étages inférieurs à été remarquée, et Roncefer ordonne à ses fidèles de se rassembler pour repousser les envahisseurs.

C’est le moment que Tyam et ses compagnons choisissent pour bondir hors de leur cachette, prenant les cultistes à revers. Le roublard se jette immédiatement sur la future victime, menottée et aveuglée par un bandeau, faisant un rempart de son corps face au rasoir du juge, qui s’apprêtait à précipiter l’exécution. Un instant surpris, Roncefer, coupé de ses ouailles, commence à incanter sur la défensive, tandis que Bjorn bondit hors de la cage d’escalier parmi les fidèles… Il est suivi du sergent Kaddren, De Cathlynn et de Marcus, qui arrosent la pièce de flèches et de sorts. Alexio défend la cage d’escalier contre les cultistes qui gardaient les étages inférieurs et le prennent maintenant à revers.

Après avoir ordonné aux fidèles de se jeter sur Marcus, qu’il estimait – sans doute à raison – être le plus dangereux du groupe avec ses éclairs, le juge entreprend de maudire et d’affaiblir ses adversaires. C’est ainsi que Cathlynn et Milo, frappés de confusion, deviennent le principal danger menaçant leurs compagnons : en effet, la plupart des fidèles de Norgorber ont été éliminés et Roncefer, qui semble avoir épuisé ses sorts les plus puissants, est maintenant aux abois… Sa défaite n’est plus qu’une question de temps.

Quand les choses sont enfin redevenues calmes, le sergent Kaddren libère la victime des cultistes, qui n’est autre que le lieutenant Licot, son supérieur. Celui-ci, après avoir remonté les soupçons des éclaireurs concernant les frères des sept auprès du juge, s’était fait enlever par ses hommes de main afin de le faire taire…

Il y a dans la scierie de quoi faire arrêter et pendre tout les cultistes, y compris le juge. En lisant la liste des victimes du culte, Tyam trouve le point commun qu’elles ont entre elles : toutes ont la réputation d’être de fieffés avares, des grippe-sous sans vergogne. Il remarque également que parmi les victimes « en projet » se trouve le seigneur-maire de Magnimar, Haldmeer Grobaras.

C’est ainsi que le lendemain matin, les éclaireurs se retrouvent dans le bureau du dirigeant de la ville, accompagnés des deux officiers de la garde. Après lui avoir expliqué ce qu’ils avaient découvert concernant ce qu’en ville on appelle les meurtres des écorcheurs, ils lui expliquent qu’il est sur la liste des victimes, et que d’après leurs découvertes, Roncefer travaillait pour quelqu’un d’autre, toujours caché en ville. Après un court évanouissement, le seigneur-maire, jusque là réticent, promet de leur donner les moyens nécessaires pour éradiquer complètement la secte qui sévit dans sa ville. Accessoirement, le Sergent Kaddren est promu au grade de Lieutenant, tandis que le lieutenant Licot se voit offrir quelques semaines de congés bien mérités.

L’analyse du journal codé du juge Roncefer leur donnera les éléments nécessaires à poursuivre leur enquête. De toute évidence, ce dernier était sous le charme d’une certaine Xanesha, qui se cache en haut d’une vieille tour dans les mauvais quartiers de la ville. C’est elle qui lui dictait ses actes et qui lui avait appris le rituel durant lequel les assassins gravaient l’étoile à sept branches sur le torse de leurs victimes…