Attention, risque de spoiler


Attention, risque de spoiler

Si vous comptez jouer les campagnes l'éveil du seigneur des runes [ESR], la malédiction du trône écarlate [MTE], le retour des ténèbres [RDT], Kingmaker [KMK] ou la couronne de charogne [CCH], je vous déconseille la lecture de ce blog. En effet, il contient principalement des comptes rendus de parties jouées dans le cadre de ces campagnes, et vous vous gâcheriez la surprise en le parcourant.

Dans l'éveil du seigneur des runes, que j'anime, je raconte les aventures d'un jeune groupe d'Eclaireurs mandatés par la cellule de Magnimar pour s'installer dans la petite ville de Pointesable et mettre à jour les secrets liés à cet endroit.

Dans la malédiction du trône écarlate, que j'anime également, je raconte les exploits d'un groupe de citoyens de Korvosa devenus les héros de la ville un peu par hasard suite aux événements qui agitèrent celle-ci après la mort du roi.

Dans le retour des ténèbres, que j'anime aussi, je raconte les péripéties de quelques aventuriers qui se sont rencontrés à Port-Enigme à l'occasion d'un tournoi de jeu de hasard.

Dans Kingmaker, que j'anime tout autant, je raconte les découvertes d'un groupe d'explorateurs envoyés par le Brévoy pour pacifier la Ceinture Verte dans le but d'y fonder une nation stable.

Dans la couronne de charogne, où je suis joueur, je raconte les aventures d'un petit groupe d'amis réunis par le décès d'un proche, le Professeur Lorrimar, sous forme d'un carnet de route tenu par Stephan Markov, mon personnage, jeune prêtre de Pharasma.

Bonne lecture !

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11 avr. 2013

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 14 [CCH]

Après que nous nous soyons reposés quelques heures, Sacha est montée sur le toit pour accéder à l’artefact permettant de contrôler « le premier » (c’est ainsi que Waxwood appelle la bête de Lepidstadt). Pour se protéger des éclairs qui fusaient sans discontinuer depuis les antennes de cuivre, elle a prit une forme élémentaire, et je l’ai bardée de sorts de protection contre les éléments.

Elle est redescendue après une vingtaine de minutes, nous annonçant que la bête serait là dans une dizaine d’heures. Nous avons donc attendu. Et effectivement, une dizaine d’heures plus tard, le golem de chair apparaissait. En quelques mots, nous lui expliquions la situation : son maître était retenu prisonnier, avec une des ses créatures (que Waxwood nommait Adam) barrant le passage. Il n’en fallait pas plus, déjà, le golem montait les escaliers vers le sommet de la tour.

Le combat qui a eu lieu là-haut avait tout du choc des titans. Caché au plafond, dans un amas de toiles d’araignées, Adam s’est littéralement laisser tomber au milieu du groupe. Une aberration sans nom, plus grande encore que la bête, avec des pinces énormes lui tenant lieu de mains. En une fraction de seconde, il s’était saisi de Gregori, et tentait de le broyer. Notre compagnon frappait de sa seule main libre, mais ses coups rebondissaient sur la carapace du monstre. J’essayais de le soigner, mais Adam me tenait à l’œil et il m’était impossible d’approcher sans être moi-même frappé. N’ayant pas la vigueur de mon ami, je jouais la prudence…

Sans « le premier », je pense que nous aurions perdu Gregori, et peut-être d’autres compagnons par la suite. Mais ce qu’il rendait en taille à Adam, il le reprenait en férocité. Ses coups puissants finirent par avoir raison du monstre ; nous n’avions fait que l’assister. Il nous rester à libérer le comte Caromarc, prisonnier d’une vierge de fer à l’autre bout de la pièce.


Nous avons passé quelques jours au château, à attendre que le comte se remette sur pieds. Nous lui avons raconté comment et pourquoi nous étions arrivés ici. De son côté il avait été attaqué par les adeptes de la Voie des Murmures, qui après avoir massacré ses gens, l’avaient emprisonné et utilisé « le premier » pour commettre le vol de la statuette à l’université de Lepidstadt.

Quelle logistique, quelle énergie dépensée, pour une simple statuette dont on dit qu’elle n’est même pas magique. Je suis convaincu que quelque chose de bien sombre se trame en Ustalav. Plus sombre encore qu’à l’accoutumée.

Heureusement, le comte avait surpris quelques bribes de conversation chez ses agresseurs. Ils se rendaient dans les bois frémissants. Un endroit dangereux. Un repaire de bandits et, pire, de lycanthropes. Le compte nous suggérait de commencer nos recherches à la loge Ascanor, un relai de chasse bien connu. Tout qui devait passer dans les bois frémissants, y faisait forcément halte. Le nom ne m’était pas inconnu. Père nous avait raconté quelques parties de chasses mémorables et les beuveries qui s’en étaient suivies à la loge…

J’ai profité du temps à notre disposition pour discuter avec le comte. Son passe-temps me dérange, il joue avec la vie et usurpe ainsi un apanage divin. J’ai tâté le terrain, mais je ne le convaincrai pas de renoncer. Il faudra toutefois le surveiller, ses expériences finiront par mal tourner. D’ailleurs, ça a déjà été le cas, en quelque sorte…

***

Après quelques jours de voyage, nous voici de retour à Lepidstadt. Nous avons fait part des événements de ces derniers jours à la juge Daramid, ainsi que de notre volonté de continuer à suivre la piste de ceux qui ont volé la statuette. Elle a semblé plutôt satisfaite. Elle nous a confié son appartenance à l’Œil Palatin, un ordre auquel appartenait aussi le professeur Lorimar, et qui s’est donné pour but de protéger l’Ustalav contre les menaces extraordinaires tapies dans les ombres. Depuis Tar-Baphon, le passé du pays ne manque pas d’histoires horribles auxquelles l’ordre s’est mêlé pour empêcher les choses d’aller trop loin.

Elle nous a proposé de travailler pour l’ordre, comme agents de terrain. Dans la mesure où cela n’interfère pas avec ma charge ecclésiastique, cela me convient parfaitement.

J’ai également fait mon rapport sur ce qui s’était passé à la Sainte Sœur de Justice, afin de m’assurer que le clergé de Pharasma soit au courant de ce qui se tramait autour de Lepidstadt. J’ai suggéré qu’elle fasse envoyer un jeune prêtre à Schloss Caromarc, afin de servir de conseiller au comte, et surtout de surveiller ses expériences. Je lui ai suggéré Umbert, un acolyte que j’ai rencontré pendant mes études, de deux ans plus jeune que moi. Il me semble suffisamment modéré pour pouvoir s’entendre avec le comte.

Nous allons sans doute rester une petite semaine en ville, le temps de quelques achats. Il ne faudra pas trainer, afin que la piste des adeptes de la Voie des Murmures ne soit pas trop froide.

27 nov. 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 10 [CCH]

Nous avons pris deux journées de repos avant de partir pour Hergstag régler le problème des âmes-en-peine. J’en ai profité pour me “fabriquer” une torche éternelle selon la méthode que m’avait apprise le professeur Lorimar. J’ai demandé à “Oncle” Enya de me fabriquer un étui en cuir. Il faut reconnaître qu'il a fait du beau travail. Le reste de la famille avait des courses à faire en ville ; j'en ai profité pour passer un peu de temps à la cathédrale et prier Pharasma.

***

Nous sommes partis à Hergstag tôt ce matin. Nous voulions pouvoir explorer le village en journée. La plupart des maisons semblaient avoir été abandonnées à la hâte, seule celle des parents de la petite Karin avait été barricadée – ce qui ne nous a pas empêché d’y faire un tour. Dans les maisons, nous n’avons rien trouvé. Les champs et vergers voisins étaient truffés de pièges à ours ; Gregori en a désamorcé quelques uns. Sans doute étaient–ils destinés à la bête…

Si nous avons eu la chance de ne pas nous faire attraper, ça n’a pas été le cas d’un malheureux larron, sans doute venu piller les lieux. Nous l’avons retrouvé mort, sans doute d’épuisement, la jambe coincée dans les puissantes mâchoires du piège… Quelle horrible fin !

Peu d’endroits notables dans le village. Une chapelle à Desna – toujours consacrée – et l’ancienne cabane des enfants, en bord du lac. La cabane avait été brulée ; on y a retrouvé un recueil de poésie Taldorienne en mauvais état… Curieuse trouvaille, en vérité.

Sur la colline voisine, où nous étions montés pour observer les alentours, nous avions trouvé l’entrée d’une grotte naturelle… Après avoir terminé l’exploration du village, nous y sommes entrés.

Si nous avions su ! L’âme en peine supérieure, celle qui avait asservi les enfants s’y trouvaient, au fond s’un petit boyau terminé en cul-de-sac. Bien sûr, je savais que nous aurions du vaincre d’abord ses rejetons. Mais une fois face au monstre, il nous était difficile de prendre la fuite – il aurait fallu remonter en grimpant à la corde, une âme-en-peine sur les talons. De plus nous étions bien préparés, et le combat ne fut qu’une formalité, mes compagnons entourant notre ennemi à qui je me chargeait de rendre corps temporairement – avec l’aide de Pharasma, louée soit-elle. Privé de son principal atout, il éclatait dans un magma d’énergie sombre au bout de quelques passes d’armes.

Dans un coin de la grotte, quatre petits corps embaumés ; les quatre enfants dont les corps n’avaient pas été retrouvés. Nous avons mis l’après-midi à profit pour leur offrir une sépulture décente. J’ai ensuite insisté pour que nous logions sur place, craignant que ce ne soit insuffisant. Nous nous sommes donc couchés dans la chapelle du village.

***

C’est Sacha qui nous a réveillé en pleine nuit. C’était son tour de garde. Elle nous a montré les six petits corps translucides qui quittaient le village, libres de toute attache. Nous avions échoué. Impossible de les rattraper. Nous avions éliminé l’âme en peine qui avait mis à mal Hergstag, mais six de ses rejetons se promenaient maintenant dans la nature, libres comme l’air. Nous avons immédiatement quitté les lieux pour rentrer à Lepidstadt, dont nous avons passé les portes une heure avant l’aube. Mes compagnons sont allés se coucher à l’auberge ; seul ma sœur et moi avons rejoint la bibliothèque du monastère de Pharasma à la recherche d’une hypothétique solution pour rattraper notre maladresse. Devant l’absence évidente de solution, nous avons renoncé.

Je suis allé me confesser auprès de la sœur de justice et ai passé le reste de la journée en prières. Je vais me coucher.


Après avoir passé deux jours en prières pour expier mes erreurs, j’ai rejoint ma famille. Gregori et Enya se sont chargés de nous acheter de bons chevaux ; nous allons faire route vers Château Caromarc, où nous espérons rencontrer le maître de la bête que nous avons fait libérer… Trente-cinq lieues en une journée.

La journée a été difficile… Alors que nous traversions les contreforts montagneux qui mènent au château, nous avons repéré une wyverne – nous avions pensé, de loin, que c’était un dragon. Mes compagnons ont immédiatement piqué leurs chevaux pour s’abriter de la vue de la créature à la faveur d’un affleurement rocheux. Je suis malheureusement un piètre cavalier, et n’ai pu les suivre, si bien que la bête m’a repéré avant que je ne sois hors de vue.

La voyant obliquer dans ma direction, j’ai mis pied à terre et sorti ma pique, après m’être recommandé à Pharasma. Sa protection m’est toujours d’un grand soutien… Mes compagnons, comprenant que le combat serait inévitable, sont sortis de leur cachette pour se déployer autour de moi. C’est finalement sur Yvan que la créature a plongé, l’attaquant en vol avant de poursuivre sa route. Je posai donc ma pique pour sortir mon arbalète, tandis que chacun cherchait à se positionner au mieux pour réagir à la prochaine attaque du reptile volant.

C’est Sacha qui fit les frais de l’attaque suivante, qui fut du reste la dernière du monstre, passé à portée de Gregori et de son filet immobilisant. Les ailes bloquées, le wyverne était tombée lourdement au sol, et se débattait pour se défaire de ses entraves. Enya, Yvan, Nicolaï et Gregori lui fondaient dessus, et en quelques secondes la réduisait en tas de chair morte.

Malgré son impressionnante blessure, Sacha insista pour récupérer les glandes à venin de la bête. Devant mon regard incrédule, elle précisa qu’elles lui serviraient à faire des antitoxines. J’aurais du y penser. Comment ai-je pu imaginer autre chose ? Pour me faire pardonner, je soignai ses plaies avec minutie, avant que nous reprenions la route.

Le bruit des chutes nous indiqua, en fin d’après midi, que nous n’étions plus très loin. Nous avancions dans un défilé étroit, à la queue-leu-leu, quand nous sommes littéralement tombés nez-à-nez avec la porte du château. Et le troll qui la gardait. Un brin surpris, nous avons essayé de réagir au mieux vu l’étroitesse des lieux.

Enya a sauté de cheval pour atterrir entre le troll et ses deux… chiens. Yvan s’est dressé sur sa monture pour mieux grimper à la paroi voisine et prendre de la hauteur. Sacha a chuté de sa monture, ce qui m’a d’autant plus incité à descendre de la mienne avec prudence. Nicolaï et Gregori avaient juste sorti leurs armes et essayaient de trouver assez d’espace pour s’en servir dans la cohue.

Enya, tombé en plein milieu de la mêlée, tombait au bout de quelques instants. Le troll et ses deux chiens l’avait laissé dans un sale état, et je craignais ne plus pouvoir faire grand chose pour lui. La suite me prouverait heureusement que j’avais tort. Yvan venait de se jeter dans le combat, parvenant à surprendre le troll et à se glisser dans son dos, entre lui et la porte du château. Le troll flambait. Je pense que c’est Gregori qui était parvenu à le toucher d’une flasque de feu grégeois. Moi-même je libérai l’énergie de Pharasma sur le monstre que mon frère achevait d’une série de coups de poings magistraux. Il ne restait plus qu’à calmer les deux chiens trolls… Quelques instants plus tard, mes frères achevaient nos ennemis, tandis que je m’affairais à soigner les plaies de tout le monde.

Mon soulagement fut grand de voir Enya se relever. Je suis par contre inquiet pour certaines morsures infligées par les chiens trolls à mes frères. Je pense que ces bêtes étaient malades, et que des complications sont à craindre dans les jours qui viennent. Je devrai surveiller cela de près.

Vu le style du comité d’accueil, nous avons décidé de faire demi-tour pour nous reposer hors de vue du château. Nous passerons donc la nuit la belle étoile…

30 oct. 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 9 [CCH]


Il semble que j'aie fait un léger malaise durant notre exploration des ruines du sanatorium. Je n'ai pas un souvenir très précis de la fin des événements, juste le souvenir entêtant de ces odeurs mélangées qui m'ont pris à la tête. Nicolaï a du me raconter certains détails qui m'avaient échappés. Je ne me souviens pas bien de notre retour en ville ni de comment nous nous sommes retrouvés chez Vorstag et Green, une fabrique de produits chimiques, avec un mandat de perquisition. Je n'ai vraiment commencé à retrouver mes esprits que lorsque nous nous sommes trouvés confrontés aux propriétaires des lieux, un gnome et un humain -du moins je suppose que c'est un humain- au visage contrefait en une sorte de masque inquiétant.

Mes frères et sœurs étaient là, sauf Yvan, et les deux propriétaires de l'usine étaient accompagnés de leurs gardes du corps, des semi-humains au faciès simiesque. De toute évidence, ils n'étaient pas prêts à collaborer avec la justice, et un âpre combat s'engagea au milieu des grandes cuves de produits chimiques. Combattre un adversaire sur son terrain n'est jamais un exercice facile, et après avoir éliminé les semi-hommes avec facilité, nous avons entamé un jeu de chat et souris à travers les cuves puis le reste de l'usine, nos adversaires trouvant sans cesse de nouvelles manières de retourner les lieux à leur avantage... Je vous passe les détails, imaginez vous-même ce qu'une usine de produits chimiques offre comme opportunités à qui veut les saisir.

Nos adversaires eux-mêmes semblaient par ailleurs avoir fait grande consommation des produits qu'ils avaient préparés ; plus d'une fois ils ont survécu à un coup que je jugeais mortel ou évité une attaque qui me semblait imparable. Malgré tout cela, le nombre et l’opiniâtreté nous ont permis d'abattre tout d'abord le gnome, puis d'acculer son compagnon au bord d'une sorte de piscine, d'où il a d'ailleurs tiré son dernier atout ; quelques zombies « en préparation » au fond du liquide douteux qui emplissait les lieux. Malgré ces ultimes renfort, le combat était terminé. Vorstag et Green n'étaient plus. S'ils devaient servir de témoins lors du procès, ce serait grâce à un sort de communication avec les morts...

Il nous restait à explorer les lieux en quête d'indices. Rapidement, la culpabilité des deux compères nous paru accablante. Je vous passerai les détails les plus morbides -mes malaises du matin m'ont rattrapé lors de certaines découvertes- mais je citerai tout de même une collection de « costumes » en peau permettant de prendre l'apparence de plusieurs citoyens de la ville. Parmi ces « costumes », nous reconnûmes les visages de quelques uns des agitateurs de ce début d'après midi. Plus intéressant encore, une des peaux permettait de prendre une apparence ressemblant à s'y méprendre à celle de la Bête apperçue durant l'incendie. Après avoir rassemblé une paire d'autres preuves du même acabit et affronté les dernières surprises laissées par les défunts propriétaires, nous avons fait appeler le procureur et la garde, pour qu'ils viennent constater nos découvertes et les acter en vue du procès.


J'ai passé une nuit atroce. Ce que j'ai vu et vécu hier me retourne l'esprit autant que les boyaux. Et par dessus tout, la fin du procès avait lieu ce matin. Avec les preuves évidentes de l'implication de Vorstag et Green dans l'incendie du sanatorium, il ne me fut pas difficile d’obtenir un non lieu dans ce troisième volet de l'affaire. Au final, la bête à été relâchée. Même si cela n'était pas au goût de tous le monde, on a évité les débordements de ces derniers jours... Il faut dire qu'il ne restait personne pour exciter la foule !

Avant de partir la bête nous à invité à rencontrer son maître. C'est du moins ce que j'ai compris. Cela nous permettra peut être de comprendre ce qu'elle faisait dans l'Université au moment où elle a été capturée...

Au delà de cette question, il reste quelques zones d'ombre dans cette affaire. Celle qui me tracasse le plus concerne les événements d'Hergstag. Si mes déduction sont correctes, il reste quelques âmes-en-peine qui hantent le village... Certains sont celles d'enfants pour qui nous pouvons encore obtenir le repos. Mes frères sont du même avis que moi : nous devons y aller au plus vite et régler cette affaire avant toute autre chose...

15 oct. 2012

Les carnets de route de Nicolaï Markov - extrait 2 [CCH]

Yvan descendit dans le sombre boyau qui menait aux caves des ruines du sanctuaire du Docteur Brada. Sacha, Stephen, Gregori, Enya et moi attendions avec anxiété à l’extérieur, tenant la corde qui nous permettrait de ramener notre frère à la surface en cas de problème. Tout d’un coup, nous entendîmes des bruits de lutte. La corde remuât. Nous appelâmes Yvan Mais, sans réponse de sa part, nous décidâmes de le ramener à la surface. La faible résistance que nous sentions à l’autre bout de la corde était de mauvais augure. Effectivement, la corde avait été sectionnée et Yvan était resté au fond du puits.
 
Il fallait agir, et rapidement qui plus est. Enya et Stephen semblaient paralysés par l’effroi. Tous deux fixaient d’un œil vide la corde sectionnée. N’écoutant que son courage, Gregori s’engouffra dans le boyau, suivi comme son ombre par son fidèle Kuz. Après un petit renfort magique, toujours utile quand on plongeait dans l’inconnu, je le suivis. Sacha sur les talons. 
 
Le boyau donnait sur une vieille cave qui sentait les produits chimiques et une autre odeur très prenante qui faillit me faire défaillir. Yvan gisait au sol… Quatre êtres décharnés, à la chevelure hirsute et aux longs ongles acérés, se jetèrent sur nous. Ils n’étaient pas beaux à voir, et puaient la charogne. 
 
Gregori et Kuz bloquèrent les deux premières créatures. Je me jetai sur les deux autres. Vésoriana commençât à chanter une litanie guerrière dans ma tête. Je l’encourageai d’une petite impulsion magique, et je mis au courant la première créature des dernières nouvelles de la surface. Elle s’écroula. Cela semblait aller un peu moins bien pour Gregori qui avait pris quelques coups. Il finit quand même par mettre son premier adversaire au sol. Je présentai pour ma part les salutations de la famille Markov au second de mes opposants et retournai aider Gregori. Sur ces entre-faits, tonton Enya arrivait sur place. Trop tard pour lui pour participer à la petite fête. Gregori et moi venions de régler son compte à la dernière créature.

Nous appelâmes Stephen pour venir s’occuper d’Yvan. Il arriva rapidement, mais semblât perplexe sur l’état de notre cadet. Dans le même temps, nous fîmes une fouille sommaire de l’endroit. La chose la plus marquante était ces quinze têtes, dont certaines difformes, empalées sur des pics. Les habitants des lieux avaient de bien étranges coutumes. Nous fîmes vite le rapprochement entre ces têtes et les patients du docteur Brada. La seule autre chose que nous trouvâmes fut un flacon de produit chimique en provenance des établissements Vorstag et Green. Encore eux…

Nous construisîmes une civière pour ramener Yvan à Lepidstadt. Son état nécessitait les soins attentionnés des serviteurs de Pharasma. Arrivés en ville, nous laissâmes Yvan au temple, en compagnie de Stephen qui ne voulait pas quitter son chevet avant que notre jeune tête brûlée ne soit rétablie.

De notre côté, nous fîmes déchiffrer par un prête les documents que nous avions trouvés dans les ruines de la chambre du docteur Brada. Il s’agissait de factures adressées au brave docteur par les établissements… Vorstag et Green.

Voulant en apprendre plus sur ces documents nous nous rendîmes à l’Université où un responsable nous confirmât que les quantités commandées par le docteur dépassaient de loin les quantités normales que pourrait utiliser un « simple » hôpital. Nous décidâmes donc d’essayer une nouvelle fois d’entrer en contact avec les responsables de Vorstag et Green.

Arrivés sur place, nous trouvâmes à nouveau porte close. Nous laissâmes donc un message avant de partir en direction de l’auberge pour profiter d’un repos bien mérité avant la dernière étape du procès.

En chemin, Gregori et moi fûmes intrigués par la tension croissante qui régnait en ville. La population semblait ne plus supporter l’issue vers laquelle risquait de se diriger le procès. Tonton Enya, de son côté, semblait plus intéressé sur les heures de fermeture des différentes tavernes de la ville. 
 
Par mesure de prudence, nous décidâmes de nous rendre à la prison voir si notre protégé était en sécurité. Bien nous en prit, car de nombreux habitants en colère s’étaient déjà regroupés devant le bâtiment. Nous y rentrâmes… excepté Enya qui préférât rester à l’extérieur pour boire un godet avec de nouveaux camarades déjà quelque peu éméchés. A l’intérieur, les gardes étaient au bord de la panique. Ils craignaient un débordement de la foule qu’ils ne pourraient gérer… Ce qui arrivât assez rapidement.

Les slogans des manifestants en colère commencèrent à se faire entendre de l’intérieur. Ils réclamaient la mort de la bête. Sentant que la situation risquait d’exploser d’un moment à l’autre, je me rendis au balcon pendant que Grégori tentait d’intimider les manifestants devant la porte. Par des arguments bien ciblés, j’incitais la populace au calme et je leur enjoignais de rentrer chez eux. Les arguments portaient leurs fruits pour certains. Et pour ceux qui ne semblaient pas sensibles à la raison, Grégori, bientôt rejoint par Enya, se chargeait de ventiler la bonne parole à coups de manche de hallebarde. La situation finit par se calmer sans que nous ayons eu à constater la moindre blessure sérieuse de notre côté ou de celui des manifestants. La situation était désamorcée… pour le moment.

Vu la tension ambiante, et le peu d’éléments que nous avions à avancer pour le procès du lendemain, nous nous décidâmes finalement à rendre une petite visite de courtoisie, voir plus si affinité, à Vorstag et Green. Pour rester dans la légalité, nous nous rendîmes chez la juge Daramid pour lui demander un document officialisant notre mission. Ce qu’elle se fit un plaisir de nous accorder sur base des éléments que nous avions pu lui révéler.
Après quelques heures d’un sommeil réparateur, qui permit à Sacha et à moi de récupérer notre plein potentiel, nous nous rendîmes donc chez Vorstag et Green… 
 
La porte étant toujours close, Enya et Gregori durent s’employer à l’ouvrir de manière plus ou moins discrète. A peine entrés dans la cours, nous fûmes confrontés à la créature dont Yvan nous avait parlé. Cette créature ressemblait à un chien miteux, et se mouvait dans un silence inquiétant… La magie ne semblait pas l’affecter et les coups d’épées ou de hallebarde n’avaient qu’un effet limité. Par contre, la morsure de la créature était d’une efficacité mortelle. Enya ne dû la vie sauve qu’à l’intervention in extremis de Gregori. Finalement, un coup puissant de Gregori finit par mettre la créature hors de combat. Je l’achevai d’un coup précis à la base du coup. Vesoriana en soupira d’aise… et moi de soulagement.

L’examen du corps de la créature nous fit penses à la bête de Lepidstadt. Nous étions donc sur la bonne piste… Il ne nous restait toutefois à continuer notre exploration de l’endroit… et nous étions tous plus ou moins sérieusement blessés. Deux portes donnaient sur la cour. La première porte que nous franchîmes nous mena à une grande pièce contenant de nombreuses cuves. Trois créatures humanoïdes au faciès préhistorique travaillaient dans l’endroit. En nous apercevant, elles se ruèrent sur nous en poussant de grands cris. Comme nous étions en hauteur et qu’aucun accès direct ne menait à nous, elles ne purent toutefois pas nous attaquer. Nous retournâmes dans la cours et optâmes pour la seconde porte. Là nous fûmes agressés par le même type de créatures que nous avions aperçues dans la grande pièce avec les cuves. La lutte fut acharnée, mais brève. La pièce contenait de nombreuses caisses contenant des préparations de Vorstag et Green. 
 
La pièce suivante donnait sur une pièce fermée qui semblait être le refuge de la créature qui nous avait assaillis dans la cour. Elle ne recelait rien d’intéressant. Nous fîmes demi-tour décidés à retourner dans la pièce aux cuves…

A suivre…

28 août 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 8 [CCH]

Suite au procès, J’ai dormi quelques heures. J’en avais vraiment besoin. Après une courte prière à Pharasma, je suis reparti en ville rejoindre mes frères et Gregori qui avaient commencé à enquêter sur le propriétaire de la trousse de chirurgie trouvée dans les marais de Morrast. Cette enquête nous a permis de découvrir les quartiers marchands de Lepidtstadt… J’ai fini par me lasser du jeu de piste, et ai laissé Yvan et Gregori en finir avec celui-ci. Il fallait que j’aille interroger les sœurs Garrow, Starle et Flicht avant la tombée de la nuit, afin de me renseigner sur les événement de Hergstag qui seraient instruits au tribunal le lendemain matin.

Au vu des événements de la veille, j’étais un brin méfiant, et acceptais volontiers l’assistance de Sacha et Nicolaï. Ma méfiance retomba bien vite. Nous avions devant nous trois vieilles filles accroc aux petits gâteaux et au Kir artisanal, qui ne représentaient un danger réel que pour les cerises sauvages. La bête était apparue dans leur village à une époque ou plusieurs enfants avaient disparu. Elle était venue rapporter le corps sans vie d’une petite fille, ce que les villageois avaient interprété comme une agression. Ils avaient donc pris les armes pour chasser le monstre, qui avait pris la fuite.

J’ai orienté la discussion sur les disparitions d’enfants. Selon mes interlocutrices, la plupart avaient disparu pendant la nuit, enlevés dans leurs propres maisons sans laisser aucune trace. Et ils étaient réapparus, sous forme de spectres, maudissant leurs aînés qui n’avaient pas pu les aider. La description qui m’en fut faite m’évoquait sans doute possible des âmes-en-peine. L’implication de la bête dans leur disparition me semblait fort improbable, d’autant que les choses n’avaient pas cessé après qu’elle ait été chassée à coups de pierres…

Sacha proposa alors de revivre les émotions de la soirée où la bête était venue au village grâce à sa magie. L’aînée des sœurs accepta d’ouvrir son esprit à ma sœur, sous ma surveillance. Après que j’aie invoqué la bénédiction de Pharasma, l’expérience débuta. Et confirma ce que je pensais… La bête qui était venue au village voulait simplement rendre le corps d’une petite fille, sans doute trouvée dans les marais. Son intention n’était pas d’effrayer, mais plutôt de rendre service, et elle semblait bien malheureuse d’avoir à fuir sous les invectives et les projectiles des villageois. Du reste, d’après Sacha, la bête qui se trouvait ce soir là à Hergstag était bien celle que l’on jugeait pour l’instant à Lepidtstadt. Nous avons ensuite pris congé, pensant aller dormir.

En fait, nous avons prolongé la soirée en enquêtant sur le meurtre commis en ville la nuit précédente. Nous n’avons pas trouvé grand-chose. Un négociant en tissus tué chez lui. Les blessures qui ont causé la mort causés par des griffes, sans doute un grand félin. Mais le crochetage des portes a été fait avec beaucoup de finesse, selon Yvan. D’après lui, il se pourrait qu’un lycanthrope soit derrière l’affaire.

Mes arguments pour défendre la bête me semblaient plus légers que le jour précédent, fondés sur un faisceau de constatations et l’utilisation de magie profane ; cependant, je crois avoir convaincu les juges, à défaut de l’assistance. Je pense que c’est l’évocation des âmes-en-peine qui a le plus penché en ma faveur.

Il faudra d’ailleurs, quand le procès sera fini que nous nous rendions à Hergstag pour apporter le repos à ces pauvres enfants…

Les plaidoiries du jour terminées, il me fallait préparer celles du lendemain. Nous nous sommes donc rendus chez Karl, assistant du docteur Brada, seul survivant connu de l’incendie du sanatorium de l’île de Karb. Avant de brûler, l’endroit soignait les handicapés physique et mentaux qui ne pouvaient pas vivre parmi la population de Lepidtstadt sans difficultés. Toutefois, Karl estime qu’aucun de leurs patients n’était réellement dangereux.

Selon son témoignage, qui me semblait de bonne foi, ayant constaté l’incendie, il a voulu porter secours au docteur Brada. C’est ainsi qu’il a vu la bête quitter son bureau… Il a alors perdu connaissance et s’est réveillé dans les jardins du sanatorium, meurtri, brulé et définitivement aveugle, quelques heures plus tard. Il suppose qu’une explosion l’a propulsé par la fenêtre et lui a fait perdre connaissance. Tout cela me semble un peu abracadabrant, mais sans connaître les lieux, difficile de juger. Les ruines du sanatorium n’étant guère éloignées de la ville, nous avons loué des chevaux pour nous y rendre.

A première vue, les déclarations de Karl semblent coller avec l’agencement des lieux. Une explosion a bel et bien ravagé le bureau du docteur Brada et en admettant que quelqu’un y ait survécu, il aurait pu être soufflé dans les jardins… Nous nous sommes donc mis à la recherche d’indices sur ce qu’il s’était passé ici il y a trois mois. C’est ainsi que nous avons découvert une trappe vers un étage souterrain. Karl n’avait rien mentionné de tel lorsqu’il nous avait décrit le sanatorium.

Les caves exhalaient un parfum mêlé de produits chimiques et de putréfaction assez insupportable ; il fallait cependant y descendre, et c’est Yvan qui semblait le plus indiqué pour nous servir d’éclaireur…

17 juil. 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 7 [CCH]

Ayant quitté la juge Daramid, nous sommes allés trouver l’avocat de la défense, Maître Gustav Kaple, qui préparait sa plaidoirie au tribunal même. Comme la Bête était enfermée dans les sous-sols du même bâtiment, nous en avons également profité pour aller la voir. Elle ressemble à un golem de chair, mais possède néanmoins une certaine intelligence. Son élocution est pour le moins laborieuse – ce en quoi elle devrait s’entendre avec maître Kaple – et nous n’en avons pas tiré beaucoup d’informations. Néanmoins elle ne semble pas folle, puisque Gregori a passé plusieurs minutes à l’observer à la loupe dans sa propre cage, pour récolter un maximum d’informations et ne s’est pas fait agresser, même si elle semblait méfiante.

Il était dix heures du soir passé lorsque nous nous sommes finalement décidés à partir pour Morrast, le premier village où la Bête est accusée d’avoir commis des meurtres. Après plus de deux heures de route sous la pluie et dans le noir, nous y parvenons. Le village se compose d’une quinzaine de maisons de bois humides perdues au milieu des marais.

D’après les habitants du coin, que nous avons eu du mal à convaincre de nous parler vu notre arrivée tardive, la bête à commencé à causer des disparitions il y a un an d’ici. Toutes les victimes supposées étaient parties dans la direction de l’ancien cimetière le jour de leur disparition, et c’est donc là-bas que les plus vigoureux des villageois se sont regroupés pour tendre une embuscade à la Bête. Après quelques jours d’attente dans la boue, celle-ci est belle et bien arrivée. Accueillie par une quinzaine d’hommes ivres de vengeance (et sans doute de bière), elle a pris la fuite dans les marais, où les villageois jurent qu’elle s’est faite attaquer par un alligator, qui lui a arraché un bout de l’épaule avant que les eux ne disparaissent dans les profondeurs humides du bayou.

Ce dernier élément aura son importance, puisque, après vérification, Gregori n’a pas vu de trace de morsure sur les épaules du golem enfermé à Lepidstadt.

Quelques pièces d’or aidant, nous sommes parvenus à acheter l’aide d’un guide pour nous amener, en barque jusqu’à l’ancien cimetière, construit sur une île au milieu des marécages… Un endroit charmant, vraiment. Nous remarquons rapidement que les six tombes les plus récentes ont été vidées de leurs occupants, mais n’avons guère le temps de pousser les investigations plus avant : nous sommes attaqués par une manticore. La bête nichait dans le plus grand des arbres de l’île et notre balade nocturne l’a sans doute dérangée. Au terme d’un combat difficile, à cause du manque de visibilité et d’options à notre disposition pour combattre un adversaire volant dans le noir, nous parvenons à la mettre en fuite.


Une fouille plus approfondie du cimetière révèlera de nombreux éléments intéressants : un cadavre de nain en habits de scène (qui sera identifié plus tard par nos amis les Tordus comme un pickpocket de génie disparu depuis quelques temps), une barque, un masque en peau de visage humain (restes identifiés par notre guide comme appartenant à la première victime attribuée à la Bête), et du matériel divers, dont une trousse de chirurgie de grande qualité…

Tout ce que nous avons découvert ici nous laisse penser que quelqu’un a créé un autre golem dans la région, au cours de l’année qui vient de s’écouler. Et que le monstre qui va être jugé à Lepidstadt n’est peut être pas coupable des meurtres qu’on lui attribue.

Nous passons la fin de la nuit dans une des granges du village.


De bon matin, nous sommes rentrés à Lepidstadt en compagnie des témoins des événements de Morrast. J’ai a peine eu le temps de me rafraichir un peu avant de filer à l’audience, l’instruction commençant dès dix heures du matin. Appelé à la barre pour témoigner de nos découvertes de la nuit, j’ai expliqué comment celles-ci me semblaient établir un doute quant à la culpabilité de la bête enfermée à Lepidstadt. Je pense que mes arguments ont touché les juges et même une partie du public, qui s’est fait de plus en plus silencieux au fur et à mesure que j’exposais les faits.

J’ai tout de même ramassé quelques projectiles en quittant l’audience, envoyés par des citadins en colère.

De leur côté, Yvan et Gregori ont préféré attendre dehors pendant le procès. C’est ainsi qu’ils ont appris qu’un meurtre avait eu lieu en ville au cours de la nuit…

19 juin 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 6 [CCH]

Depuis que nous avons nettoyé la prison, les choses sont calmes à Ravengro. Le père Grimburrow m’a remis un sceptre de métamagie, en remerciement des services rendus à la ville. C'est un objet qui nous sera fort utile si nous avons encore affaire à des morts vivants dans le futur. J’ai passé les derniers jours à relire mes notes du cours de brassage de potion. Je vais essayer de m'y remettre sérieusement.

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La masse magique que nous avons trouvée dans la prison est revenue de chez le forgeron. Je lui avais demandé de graver la spirale sacrée sur le manche. C’est du beau travail. J’ai nommé l’arme « Repos ».

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J’ai créé mes premières potions de soins ce matin. Je vais nous en constituer un petit stock avant que nous partions pour Lepidstadt. Plus que quelques jours avant notre départ…

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Nous avons quitté Ravengro hier matin. La première journée de voyage s’est passée sans encombre. Nous avions acheté une mule pour transporter notre matériel. Si l’on avait écouté l’oncle Enya, nous aurions acheté un haras pour faire le voyage…

Cette seconde journée de voyage a été plus agitée. Alors que nous nous apprêtions à traverser la Vistéare, un orc au visage sombre a surgi des fourrés pour nous barrer la route, de l’autre côté du pont que nous comptions emprunter. Aux bruits alentours, il devait être accompagné d’une vingtaine des siens, en embuscade. Plutôt sûr de lui, il exigea que nous offrions un tribut pour traverser le pont…

N’ayant pas l’or réclamé, nous nous apprêtions à faire prudemment demi-tour quand un de ses compagnons a du estimer que nous laisser partir n’était pas une bonne affaire, et a hurlé le signal de l’assaut depuis son buisson de fraises. Une quinzaine d’orques se sont précipités vers le pont. Deux plus petits groupes, sur la même rive que nous, menaçaient de nous prendre en tenaille…

Yvan s’est lancé vers le groupe de gauche, et Enya, accroché à la mule, s’apprêtait à accueillir ceux de droite, tandis que Gregori, son chien et Nicolaï s’avançaient sur le pont pour bloquer la route au gros des orcs. Quant à moi, après avoir appelé sur nous la bénédiction de Pharasma, je me joignais à Enya, empêtré dans les rênes de la mule, afin de lui donner un coup de main.

Les orcs étaient nombreux mais désorganisés ; ils pensaient sans doute nous écraser sous le nombre, mais les événements de Ravengro nous ont endurcis, et rapidement, nous avons pris le dessus. Gregori et Nicolaï contenaient sans peine les orcs sur le pont lorsqu’ils furent rejoints par Yvan, qui s’était débarrassé des embusqués de son côté. D’un bond magistral, il atterrit sur la rambarde avant d’achever les derniers orcs qui n’avaient pas encore fui. A peu près au même instant, Enya, enfin dépêtré de ses entraves, achevait notre dernier adversaire. Le temps pour moi de soigner quelques plaies, et nous pouvions repartir.


Alors que notre voyage touche à sa fin –nous arriverons demain à Lepidstadt– nous avons fait ce soir une étrange rencontre. Etrange et teintée de tristesse, hélas. Alors que le soir approchait, nous sommes arrivés a hauteur d’un cirque ambulant, arrêté au bord de la route pour passer la nuit. Nous nous sommes approchés, pour leur demander si nous pouvions partager leur campement pour la nuit, mais au ton de leur conversation, j’ai vite compris que ces pauvres gens avaient un problème.

Je m’arrête un instant pour parler des « tordus », les membres du cirque ambulants. Emmenés par leur monsieur loyal, un albinos répondant au nom de Kaleb Hesse, la troupe regroupe des « monstres » sympathiques, affichant toutes des déformations génétiques surprenantes. Trop de bras ou pas assez, têtes déformées ou pilosité extravagante…

Leur souci actuel était qu’un de leurs compagnons, une fillette nommée Allys, avait disparu depuis plusieurs heures. Ils craignaient qu’il lui soit arrivé malheur dans les marais voisins. Sang-de-Troll, le demi-géant, agitait son énorme gourdin, et semblait décidé à partir à la recherche de son amie, malgré la nuit sur le point de tomber et l’avis contraire de ses camarades. Après une courte discussion, nous proposions notre aide pour la retrouver. Kuz semblait avoir trouvé la piste de la disparue, il n’y avait qu’à le suivre. Sang-de-Troll nous accompagnerait, ainsi que l’enfant-chien, que Gregori avait débauché, espérant que son flair nous soit utile…

Tandis que nous suivions la piste de la fillette à travers les marais, nous avons été attaqués par une arachnide géante. Elle est apparue juste le temps de frapper Gregori, avant de disparaitre à nouveau. Ce petit jeu à duré un moment. Les amis d’Allys ont rapidement paniqué, le « redoutable » Sang-de-Troll restant bras ballants au milieu du groupe, tandis que l’enfant-chien prenait la fuite dès le début de l’affrontement… Nous n’étions pas beaucoup plus efficaces, réduits à attendre, en retenant notre respiration pour guetter tout bruit annonçant le coup suivant. A chaque fois que le monstre apparaissait pour frapper, c’était à un endroit inattendu, et il était rare que plus d’un d’entre nous n’aie le temps de porter un coup, forcément mal ajusté puisque précipité…

Gregori, ayant repéré un amas de toile qu’il supposait être la tanière de la bête, s’est alors séparé du groupe, pour y mettre le feu. Il espérait provoquer une réaction de sa part, et ne fut pas déçu. Atteint de plein fouet par les mandibules empoisonnées, il s’écroulait, à une vingtaine de mètres de nous. Vingt mètres de marais… Yvan se précipitait pour lui venir en aide, se jouant des pièges du sol marécageux. Je le suivais tant bien que mal, pour aller soigner Gregori, mais mon armure me pénalisait. J’ai manqué de peu de m’embourber dans une flaque de boue molle. Kuz protégeait son maître inconscient, et Yvan déchainait ses coups ; ses poings s’enfonçaient dans le corps mou de l’énorme araignée, transperçant facilement sa chitine… Jusqu’à ce qu’elle tombe. J’en profitait pour appeler sur nous la bienveillance de Pharasma, libérant une vague d’énergie positive, qui réveillait Gregori, mais également la bête. Cette dernière disparaissait une fois de plus, mais cette fois pour ne plus réapparaitre. Le combat était fini, mais Gregori et Enya étaient empoisonnés. Heureusement les deux sont solides, et leurs organismes semblent avoir bien réagi au poison. Je surveillerai tout de même l’évolution de leurs plaies.

Un rapide examen des alentours nous révèla trois cadavres enroulés dans du fil baveux. Malheureusement, Allys était un des trois. Sang-de-Troll était effondré… Yvan a porté le petit corps sans vie sur le trajet retour. Expliquer notre macabre découverte aux saltimbanques fut plutôt pénible ; ils nous remercièrent tout de même pour notre aide, et je proposai de célébrer les rites funéraires pharasmiens en l’honneur d’Allys. Après la cérémonie, nous avons enterré son corps à quelques pas du bord de la route, avant d’aller nous coucher.

***

Nous sommes arrivés à Lepidstadt en fin d’après-midi. Comme Kaleb nous l’avait expliqué sur le trajet, la ville est en fête. Un monstre qui terrorisait la région a été capturé il y a peu de temps, et son procès est l’occasion de festivités qui attirent beaucoup de monde en ville, dont nos compagnons de route. Il a été arrêté alors qu’il dévastait l’université… Où nous nous rendons peu après notre arrivée en ville. Nous sommes en effet pressés de rencontrer le professeur Crowl et de lui remettre la collection d’ouvrages dangereux de maître Lorrimor.

En discutant un peu plus avec le professeur, nous en apprenons un peu plus sur l’attaque du monstre. Le plus gros des dégâts a eu lieu dans l’auditoire numéro 7. En y jetant un œil, nous découvrons que toutes les armoires ont été saccagées, sauf une, dans laquelle un objet semble manquer. Une antique statuette d’un culte inconnu. Peu de valeur d’après le professeur. Il en a une illustration, que je recopie rapidement dans mon carnet.

Pendant que nos compagnons de route cherchaient une auberge et s’y installaient, Yvan et moi sommes allés au temple de Pharasma, où la Sainte Sœur de Justice nous a reçu et nous a accordé le gîte le temps de notre séjour en ville. Sachant qu’elle allait être fort occupée avec le procès, je lui proposai de m’occuper de certains offices pour lui alléger la tâche, ce qu’elle accepta volontiers. Nous avons juste pris le temps de manger un morceau et de nous rafraichir avant d’aller rejoindre nos compagnons. J’ai cependant noté que le bâtiment, s’il est bien entretenu, ne semble pas très riche. L’endroit est spartiate, même pour un temple pharasmien…

Nous nous sommes retrouvés, comme prévu, devant la porte de la petite maison de la juge Daramid, à qui nous devions remettre le dernier ouvrage du professeur Lorrimor… Elle nous a remercié d’avoir tenu nos engagements. Puis la conversation a glissé naturellement sur l’arrestation de la « Bête de Lepidstadt », puisqu’elle sera une des trois juges du procès. Nous lui avons fait part de notre découverte au sujet de la statuette disparue… Après un petit sourire, elle nous dit que notre arrivée était providentielle.

Elle nourrit des doutes quant à la culpabilité de la Bête. Avant ces derniers mois, on en entendait régulièrement parler, mais elle se contentait d’effrayer les voyageurs imprudents, et ne s’était jamais vraiment attaquée à quiconque. Selon certaines rumeurs, elle était même venue en aide à des personnes en difficulté… Mais ces derniers mois, on lui avait attribué trois attaques mortelles, puis on l’avait capturée au beau milieu de l’université. Alors que pendant des années, personne n’avait pu l’approcher vraiment.

Bref, son statut de juge l’empêchait prendre parti avant que les débats n’aient lieu, mais faire appel à des enquêteurs indépendants ne lui posait pas de problème moral. Ayant moi-même un doute depuis la découverte de la statuette manquante, j’acceptais, imité par mes compagnons…

Nous n’aurons pas beaucoup de temps pour mettre à jour la vérité. Le verdict doit être rendu d’ici trois jours, quand les débats seront  terminés.