Attention, risque de spoiler


Attention, risque de spoiler

Si vous comptez jouer les campagnes l'éveil du seigneur des runes [ESR], la malédiction du trône écarlate [MTE], le retour des ténèbres [RDT], Kingmaker [KMK] ou la couronne de charogne [CCH], je vous déconseille la lecture de ce blog. En effet, il contient principalement des comptes rendus de parties jouées dans le cadre de ces campagnes, et vous vous gâcheriez la surprise en le parcourant.

Dans l'éveil du seigneur des runes, que j'anime, je raconte les aventures d'un jeune groupe d'Eclaireurs mandatés par la cellule de Magnimar pour s'installer dans la petite ville de Pointesable et mettre à jour les secrets liés à cet endroit.

Dans la malédiction du trône écarlate, que j'anime également, je raconte les exploits d'un groupe de citoyens de Korvosa devenus les héros de la ville un peu par hasard suite aux événements qui agitèrent celle-ci après la mort du roi.

Dans le retour des ténèbres, que j'anime aussi, je raconte les péripéties de quelques aventuriers qui se sont rencontrés à Port-Enigme à l'occasion d'un tournoi de jeu de hasard.

Dans Kingmaker, que j'anime tout autant, je raconte les découvertes d'un groupe d'explorateurs envoyés par le Brévoy pour pacifier la Ceinture Verte dans le but d'y fonder une nation stable.

Dans la couronne de charogne, où je suis joueur, je raconte les aventures d'un petit groupe d'amis réunis par le décès d'un proche, le Professeur Lorrimar, sous forme d'un carnet de route tenu par Stephan Markov, mon personnage, jeune prêtre de Pharasma.

Bonne lecture !

30 oct. 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 9 [CCH]


Il semble que j'aie fait un léger malaise durant notre exploration des ruines du sanatorium. Je n'ai pas un souvenir très précis de la fin des événements, juste le souvenir entêtant de ces odeurs mélangées qui m'ont pris à la tête. Nicolaï a du me raconter certains détails qui m'avaient échappés. Je ne me souviens pas bien de notre retour en ville ni de comment nous nous sommes retrouvés chez Vorstag et Green, une fabrique de produits chimiques, avec un mandat de perquisition. Je n'ai vraiment commencé à retrouver mes esprits que lorsque nous nous sommes trouvés confrontés aux propriétaires des lieux, un gnome et un humain -du moins je suppose que c'est un humain- au visage contrefait en une sorte de masque inquiétant.

Mes frères et sœurs étaient là, sauf Yvan, et les deux propriétaires de l'usine étaient accompagnés de leurs gardes du corps, des semi-humains au faciès simiesque. De toute évidence, ils n'étaient pas prêts à collaborer avec la justice, et un âpre combat s'engagea au milieu des grandes cuves de produits chimiques. Combattre un adversaire sur son terrain n'est jamais un exercice facile, et après avoir éliminé les semi-hommes avec facilité, nous avons entamé un jeu de chat et souris à travers les cuves puis le reste de l'usine, nos adversaires trouvant sans cesse de nouvelles manières de retourner les lieux à leur avantage... Je vous passe les détails, imaginez vous-même ce qu'une usine de produits chimiques offre comme opportunités à qui veut les saisir.

Nos adversaires eux-mêmes semblaient par ailleurs avoir fait grande consommation des produits qu'ils avaient préparés ; plus d'une fois ils ont survécu à un coup que je jugeais mortel ou évité une attaque qui me semblait imparable. Malgré tout cela, le nombre et l’opiniâtreté nous ont permis d'abattre tout d'abord le gnome, puis d'acculer son compagnon au bord d'une sorte de piscine, d'où il a d'ailleurs tiré son dernier atout ; quelques zombies « en préparation » au fond du liquide douteux qui emplissait les lieux. Malgré ces ultimes renfort, le combat était terminé. Vorstag et Green n'étaient plus. S'ils devaient servir de témoins lors du procès, ce serait grâce à un sort de communication avec les morts...

Il nous restait à explorer les lieux en quête d'indices. Rapidement, la culpabilité des deux compères nous paru accablante. Je vous passerai les détails les plus morbides -mes malaises du matin m'ont rattrapé lors de certaines découvertes- mais je citerai tout de même une collection de « costumes » en peau permettant de prendre l'apparence de plusieurs citoyens de la ville. Parmi ces « costumes », nous reconnûmes les visages de quelques uns des agitateurs de ce début d'après midi. Plus intéressant encore, une des peaux permettait de prendre une apparence ressemblant à s'y méprendre à celle de la Bête apperçue durant l'incendie. Après avoir rassemblé une paire d'autres preuves du même acabit et affronté les dernières surprises laissées par les défunts propriétaires, nous avons fait appeler le procureur et la garde, pour qu'ils viennent constater nos découvertes et les acter en vue du procès.


J'ai passé une nuit atroce. Ce que j'ai vu et vécu hier me retourne l'esprit autant que les boyaux. Et par dessus tout, la fin du procès avait lieu ce matin. Avec les preuves évidentes de l'implication de Vorstag et Green dans l'incendie du sanatorium, il ne me fut pas difficile d’obtenir un non lieu dans ce troisième volet de l'affaire. Au final, la bête à été relâchée. Même si cela n'était pas au goût de tous le monde, on a évité les débordements de ces derniers jours... Il faut dire qu'il ne restait personne pour exciter la foule !

Avant de partir la bête nous à invité à rencontrer son maître. C'est du moins ce que j'ai compris. Cela nous permettra peut être de comprendre ce qu'elle faisait dans l'Université au moment où elle a été capturée...

Au delà de cette question, il reste quelques zones d'ombre dans cette affaire. Celle qui me tracasse le plus concerne les événements d'Hergstag. Si mes déduction sont correctes, il reste quelques âmes-en-peine qui hantent le village... Certains sont celles d'enfants pour qui nous pouvons encore obtenir le repos. Mes frères sont du même avis que moi : nous devons y aller au plus vite et régler cette affaire avant toute autre chose...

27 oct. 2012

L'avant-poste de Kressle [KMK]

La première journée de voyage vers la forêt se déroule sans incidents, et le petit groupe établit son premier campement en bordure de celle-ci lorsque le soir tombe. Dès le lendemain, toujours guidés par les chevaux des bandits, il s'avancent sous les frondaisons, suivant des chemins à peine visibles tout au long de la journée.

La traversée de la forêt vers l'avant-poste leur prendra deux journées entières, durant lesquelles plusieurs membres du groupe seront victimes de farces surprenantes. Ainsi, le tabac de Nathanaël produit-t-il une épaisse fumée mauve, tandis que les souliers de Yann lui semblent soudain trop petits lorsqu'il veut les enfiler au matin... Ce qui s'explique par le fait que leur pointe est remplie de feuilles mortes. Benshanrem est rapidement soupçonné d'être à l'origine de ces tours pendables, et ne fait rien pour récuser les accusations. Le doute s'installe tout de même lorsque lui-même en est à son tour victime... Tabea suggère donc que si le gnome est innocent, c'est sans doute que ses cousins de la forêt ont repéré le groupe et décidé de s'amuser à leurs dépends. Afin de s'attirer la bonne grâce des fées malicieuses, elle décide de poser en bordure du campement un bol de lait chaud mélangé de miel à leur attention. Ses compagnons, bien que dubitatifs, l'imitent... Le lendemain matin, les bols sont vides, mais les farces n'en cesseront pas pour autant.

Sur ces entrefaits, le groupe s'est approché de la zone où se cachent les bandits. Après de longues négociations visant à établir une méthode d'approche efficace, il est décidé d'envoyer Agna en éclaireur. Elle trouve effectivement un campement, et revient prévenir ses compagnons ; quelques minutes plus tard, le groupe s'avance aussi discrètement que possible vers la clairière désignée.

Et effectivement, il s'agit du bon endroit... Hélas, les aventuriers ont été repérés, et sont accueillis par une volée de flèches tirées depuis un arbre tout proche. Une partie des bandits sont également retranchés derrière une barricade de rondins, et se joignent bientôt au tir aux pigeons. Courageusement, Yann s'avance entre les flèches, exigeant de pouvoir parler au chef des bandits. Un instant plus tard, une jeune femme armée de deux hachettes jaillit des fourrés à 3 mètres de lui et le larde de coups... « Je suis là, connard, qu'est-ce que tu me veux ? » Les négociations étant mal engagées, Yann préfère se reculer et lancer un sort de soins sur lui-même. Agna et Shaparn se lancent à l'assaut des bandits ; et si la naine semble inspirée, ce n'est pas le cas du halfelin, qui parvient à peine à protéger Yann des coups de Kressle qui semble animée d'une haine inextinguible à l'égard de l'oracle. Tabea a entonné un petit chant martial contant la défaite imminente des présomptueux bandits, tandis que Nathanaël a mis le feu aux fourrés où se cachaient deux bandits et tente maintenant de circonvenir l'incendie, où plutôt de le diriger vers ses ennemis. Benshanrem, lui, reste en retrait et semble attendre quelque chose... Ou quelqu'un.

Peut être cet énorme serpent à deux queues qui surgit sans crier gare au milieu de champ de bataille pour se ruer sur les malheureux bandits ? En tous cas, le gnome crie à ses compagnons surpris que la créature est de leur côté, et qu'ils ne risquent rien. Quoi qu'il en soit, le monstre s'avère efficace, et sonne la débâcle des bandits en portant un coup décisif à Kressle. Une fois leur chef à terre, les malandrins fuient en tous sens, espérant échapper à l'ire des aventuriers et du monstre à deux queux.

Une fois le calme revenu dans la clairière, le groupe procède à la fouille de l'endroit ; à part quelques marchandises volées au comptoir, il ne s'y trouve rien de grande valeur... L'interrogatoire de Kressle s’avérera peu fructueux. La jeune fille est une vraie sauvageonne et préfère s'assommer sur une souche que de subir l'interrogatoire de Yann. Après avoir pris quelque repos et pansé leurs plaies, les explorateurs s’apprêtent à rebrousser chemin. Le retour sera plutôt calme, si l'on excepte quelques nouvelles farces, dont une mémorable pluie de feuilles mortes.

De retour au comptoir, ils sont accueillis avec enthousiasme. Oleg et plus qu'heureux de retrouver ses biens volés. Svetlana prépare un repas de fête pour remercier les héros, qui content les détails de leur expéditions à maintes reprises avant d'aller se coucher.

Dès le lendemain, ils sont prêts à repartir pour commencer cette fois leur mission officielle : la cartographie de la région. Ils partent en direction du Sud, dans le vague espoir de trouver les radis lunaires, réclamés par Svetlana, sur leur chemin. Le premier élément à attirer leur attention, au milieu de la seconde journée d'exploration, est un petit bosquet au milieu des plaines, entouré d'un nombre anormalement élevé de carcasses d'animaux morts. En y regardant de plus près, il y a également quelques cadavres humains dans le lot. L'explication du mystère se trouve sans doute dans le bosquet, que les aventuriers décident d'explorer méticuleusement.

C'est en passant à côté d'un grand arbre mort qu'ils découvrent le pot aux roses ; Benshanrem est attaqué par une énorme araignée qui frappe à une vitesse étourdissante avant de se replier dans son antre... Le gnome est touché mais pas à terre ; ses compagnons s'organisent pour frapper le bête quand elle sortira à nouveau, mais cette dernière est tellement vive qu'ils peinent à la toucher. Il leur faudra faire brûler le tronc mort pour la forcer à sortir de son antre creusée sous celui-ci. Une fois la bête morte, ils pourront explorer le tunnel encombré de vestiges de ses derniers repas et récolter quelques breloques portées par d'infortunées victimes du monstre. Quoi qu'il en soit, la zone sera plus sûre débarrassée de ce dangereux prédateur... L'exploration des terres volées peut continuer !

15 oct. 2012

Les carnets de route de Nicolaï Markov - extrait 2 [CCH]

Yvan descendit dans le sombre boyau qui menait aux caves des ruines du sanctuaire du Docteur Brada. Sacha, Stephen, Gregori, Enya et moi attendions avec anxiété à l’extérieur, tenant la corde qui nous permettrait de ramener notre frère à la surface en cas de problème. Tout d’un coup, nous entendîmes des bruits de lutte. La corde remuât. Nous appelâmes Yvan Mais, sans réponse de sa part, nous décidâmes de le ramener à la surface. La faible résistance que nous sentions à l’autre bout de la corde était de mauvais augure. Effectivement, la corde avait été sectionnée et Yvan était resté au fond du puits.
 
Il fallait agir, et rapidement qui plus est. Enya et Stephen semblaient paralysés par l’effroi. Tous deux fixaient d’un œil vide la corde sectionnée. N’écoutant que son courage, Gregori s’engouffra dans le boyau, suivi comme son ombre par son fidèle Kuz. Après un petit renfort magique, toujours utile quand on plongeait dans l’inconnu, je le suivis. Sacha sur les talons. 
 
Le boyau donnait sur une vieille cave qui sentait les produits chimiques et une autre odeur très prenante qui faillit me faire défaillir. Yvan gisait au sol… Quatre êtres décharnés, à la chevelure hirsute et aux longs ongles acérés, se jetèrent sur nous. Ils n’étaient pas beaux à voir, et puaient la charogne. 
 
Gregori et Kuz bloquèrent les deux premières créatures. Je me jetai sur les deux autres. Vésoriana commençât à chanter une litanie guerrière dans ma tête. Je l’encourageai d’une petite impulsion magique, et je mis au courant la première créature des dernières nouvelles de la surface. Elle s’écroula. Cela semblait aller un peu moins bien pour Gregori qui avait pris quelques coups. Il finit quand même par mettre son premier adversaire au sol. Je présentai pour ma part les salutations de la famille Markov au second de mes opposants et retournai aider Gregori. Sur ces entre-faits, tonton Enya arrivait sur place. Trop tard pour lui pour participer à la petite fête. Gregori et moi venions de régler son compte à la dernière créature.

Nous appelâmes Stephen pour venir s’occuper d’Yvan. Il arriva rapidement, mais semblât perplexe sur l’état de notre cadet. Dans le même temps, nous fîmes une fouille sommaire de l’endroit. La chose la plus marquante était ces quinze têtes, dont certaines difformes, empalées sur des pics. Les habitants des lieux avaient de bien étranges coutumes. Nous fîmes vite le rapprochement entre ces têtes et les patients du docteur Brada. La seule autre chose que nous trouvâmes fut un flacon de produit chimique en provenance des établissements Vorstag et Green. Encore eux…

Nous construisîmes une civière pour ramener Yvan à Lepidstadt. Son état nécessitait les soins attentionnés des serviteurs de Pharasma. Arrivés en ville, nous laissâmes Yvan au temple, en compagnie de Stephen qui ne voulait pas quitter son chevet avant que notre jeune tête brûlée ne soit rétablie.

De notre côté, nous fîmes déchiffrer par un prête les documents que nous avions trouvés dans les ruines de la chambre du docteur Brada. Il s’agissait de factures adressées au brave docteur par les établissements… Vorstag et Green.

Voulant en apprendre plus sur ces documents nous nous rendîmes à l’Université où un responsable nous confirmât que les quantités commandées par le docteur dépassaient de loin les quantités normales que pourrait utiliser un « simple » hôpital. Nous décidâmes donc d’essayer une nouvelle fois d’entrer en contact avec les responsables de Vorstag et Green.

Arrivés sur place, nous trouvâmes à nouveau porte close. Nous laissâmes donc un message avant de partir en direction de l’auberge pour profiter d’un repos bien mérité avant la dernière étape du procès.

En chemin, Gregori et moi fûmes intrigués par la tension croissante qui régnait en ville. La population semblait ne plus supporter l’issue vers laquelle risquait de se diriger le procès. Tonton Enya, de son côté, semblait plus intéressé sur les heures de fermeture des différentes tavernes de la ville. 
 
Par mesure de prudence, nous décidâmes de nous rendre à la prison voir si notre protégé était en sécurité. Bien nous en prit, car de nombreux habitants en colère s’étaient déjà regroupés devant le bâtiment. Nous y rentrâmes… excepté Enya qui préférât rester à l’extérieur pour boire un godet avec de nouveaux camarades déjà quelque peu éméchés. A l’intérieur, les gardes étaient au bord de la panique. Ils craignaient un débordement de la foule qu’ils ne pourraient gérer… Ce qui arrivât assez rapidement.

Les slogans des manifestants en colère commencèrent à se faire entendre de l’intérieur. Ils réclamaient la mort de la bête. Sentant que la situation risquait d’exploser d’un moment à l’autre, je me rendis au balcon pendant que Grégori tentait d’intimider les manifestants devant la porte. Par des arguments bien ciblés, j’incitais la populace au calme et je leur enjoignais de rentrer chez eux. Les arguments portaient leurs fruits pour certains. Et pour ceux qui ne semblaient pas sensibles à la raison, Grégori, bientôt rejoint par Enya, se chargeait de ventiler la bonne parole à coups de manche de hallebarde. La situation finit par se calmer sans que nous ayons eu à constater la moindre blessure sérieuse de notre côté ou de celui des manifestants. La situation était désamorcée… pour le moment.

Vu la tension ambiante, et le peu d’éléments que nous avions à avancer pour le procès du lendemain, nous nous décidâmes finalement à rendre une petite visite de courtoisie, voir plus si affinité, à Vorstag et Green. Pour rester dans la légalité, nous nous rendîmes chez la juge Daramid pour lui demander un document officialisant notre mission. Ce qu’elle se fit un plaisir de nous accorder sur base des éléments que nous avions pu lui révéler.
Après quelques heures d’un sommeil réparateur, qui permit à Sacha et à moi de récupérer notre plein potentiel, nous nous rendîmes donc chez Vorstag et Green… 
 
La porte étant toujours close, Enya et Gregori durent s’employer à l’ouvrir de manière plus ou moins discrète. A peine entrés dans la cours, nous fûmes confrontés à la créature dont Yvan nous avait parlé. Cette créature ressemblait à un chien miteux, et se mouvait dans un silence inquiétant… La magie ne semblait pas l’affecter et les coups d’épées ou de hallebarde n’avaient qu’un effet limité. Par contre, la morsure de la créature était d’une efficacité mortelle. Enya ne dû la vie sauve qu’à l’intervention in extremis de Gregori. Finalement, un coup puissant de Gregori finit par mettre la créature hors de combat. Je l’achevai d’un coup précis à la base du coup. Vesoriana en soupira d’aise… et moi de soulagement.

L’examen du corps de la créature nous fit penses à la bête de Lepidstadt. Nous étions donc sur la bonne piste… Il ne nous restait toutefois à continuer notre exploration de l’endroit… et nous étions tous plus ou moins sérieusement blessés. Deux portes donnaient sur la cour. La première porte que nous franchîmes nous mena à une grande pièce contenant de nombreuses cuves. Trois créatures humanoïdes au faciès préhistorique travaillaient dans l’endroit. En nous apercevant, elles se ruèrent sur nous en poussant de grands cris. Comme nous étions en hauteur et qu’aucun accès direct ne menait à nous, elles ne purent toutefois pas nous attaquer. Nous retournâmes dans la cours et optâmes pour la seconde porte. Là nous fûmes agressés par le même type de créatures que nous avions aperçues dans la grande pièce avec les cuves. La lutte fut acharnée, mais brève. La pièce contenait de nombreuses caisses contenant des préparations de Vorstag et Green. 
 
La pièce suivante donnait sur une pièce fermée qui semblait être le refuge de la créature qui nous avait assaillis dans la cour. Elle ne recelait rien d’intéressant. Nous fîmes demi-tour décidés à retourner dans la pièce aux cuves…

A suivre…

13 sept. 2012

Trompez le diable et empochez son or ! [RDT]


En dehors de la tache noire apparue dans le ciel de Port Enigme quelques semaines plus tôt, le principal sujet de conversation des habitants ces derniers jours était le grand tournoi organisé à la salle de jeu du Gobelin Doré, pour sa réouverture, par son nouveau propriétaire, Saul Vancaskerskin. Pensez donc, 10000 pièces d’argent pour le vainqueur…

Le fameux tournoi battait donc son plein, plusieurs centaines de joueurs étaient venus tenter leur chance. Saul avait vu les choses en grand et n’avait pas lésiné sur le côté grand-guignolesque de l’événement ; un décor évoquant les enfers, des dizaines de braseros, des serveuses déguisées en succubes, et même un véritable diablotin enfermé dans un cage : le Vieux Gratouille lui-même, mettant en jeu son trésor contre l’âme des participants. Excusez du peu !

C’est ainsi qu’au milieu de la nuit, à l’heure où les premiers malheureux quittent les tables sans plus un cuivre en poche, un événement inattendu vient bousculer le cours de la soirée. Une poignée de pièces tombent par terre, retentissant comme le signal du début du spectacle. Un homme sort des toilettes et termine la lecture d’un parchemin ; En un instant, la lumière de tous les braseros semble s’amplifier et exploser, aveuglant les trois quarts de l’assemblée. Une voix féminine domine le brouhaha de la salle.
« OK les gars ! Couchez-vous par terre, ne tentez rien de stupide et nous vous laisserons peut-être en vie ! »
Plus de la moitié des clients obéissent aux ordres, tandis que les autres, pensant être définitivement aveugles, paniquent et courent en tous sens. L’homme sorti des toilettes s’avance calmement vers l’estrade au centre de la salle tout en lisant un autre parchemin. Le coffre contenant tous les gains de la soirée rétrécit soudain, jusqu’à n’être plus qu’une petite cassette à peine plus grande qu’une main…

Tandis que les complices du mage surgissent de tous coins et mettent hors d’état de nuire les sorteurs du Gobelin Doré, lui même et sa compagne, une jeune dame armée d’une arbalète, montent sur l’estrade. Mais avant qu’ils n’aient posé la main sur le coffret, un demi-elfe – il se nomme Milo, et je pense que nous en parlerons souvent – s’en est emparé. Le voilà déjà filant à travers la salle, essayant de disparaître sous une table de goulette…

A l’autre bout de la salle, le compagnon de jeu de Milo, un rôdeur nommé Harold, jure comme un charretier. Non seulement il n’y voit plus goutte à cause de ce foutu sort de pyrotechnie, mais son ami en a profité pour fiche le camp sans le prévenir… Et connaissant son incroyable don à s’attirer des ennuis, cela ne présage rien de bon.

Harold décide donc, malgré son infirmité passagère, de sortir son épée et de s’avancer au milieu de la salle en invectivant tout le monde, espérant laisser à Milo le temps de se cacher tandis qu’il détourne ainsi l’attention.

Du reste, il n’est pas le seul à avoir sortir les armes pour réagir au hold-up. Je ne parle pas des sorteurs, rapidement débordés par les malandrins qui ont du reste commencé la collecte parmi les clients, mais de Norja, jeune guerrière naine qui a, malheureusement pour eux, croisé leur chemin. En trois coups de hache, elle étale pour compte deux malandrins, plutôt surpris par la résistance musclée qu’ils rencontrent.

Deux autres clients du Gobelin Doré ne restent pas inactifs ; Quintus, un jeune prêtre de Pharasma, après avoir appelé sur lui les faveurs de sa déesse, s’approche des videurs pour les remettre sur pieds. Quant à son compagnon, un elfe aux allures de marin nommé Erelden, sans avoir l’air d’y toucher, lance un sort de graisse sur l’estrade où se trouvent les deux protagonistes principaux du casse, avant de tirer calmement sa rapière du fourreau.

Ensuite, tout se passe très vite. En essayant de localiser le « voleur » de coffre, le mage et l’arbalétrière glissent et se retrouvent au sol. Les malandrins se retrouvent aux prises avec des adversaires qui semblent sortir de partout et plusieurs préfèrent opter pour une fuite rapide. Ceux qui restent tombent sous les coups de Norja, Harold et Erelden. Même Milo se joint à la fête, sortant de sous la table pour achever un adversaire qui lui tournait le dos en tombant au sol… Bientôt le mage se retrouve seul, sa compagne ayant subi le même sort que les malandrins qui n’avaient pas été assez sage pour prendre la poudre d’escampette. Avec pour seule arme sa baguette magique, il parvient à tenir en échec ses adversaires presque trois secondes et demi, avant de mordre, lui aussi, la poussière…

Un instant après, Saul surgit de la cuisine…
« Que s’est il passé ici ? »
S’ensuit une certaine confusion, entre les héros d’un soir bien décidés à faire valoir leurs exploits, les clients mécontents qui exigent d’être remboursés et les blessés qui réclament des soins. Dans tout ce tumulte, on remarque à peine un demi-elfe, un mage nommé Cruaver. Aveuglé au début du combat, il était resté jusque là en réserve, préférant ne pas lancer de sorts au hasard pour ne pas blesser des innocents – pour autant qu’il s’en trouve à Port-Enigme. Ce demi-elfe, donc, vient proposer son aide pour interroger le mage braqueur et identifier ses possessions.

Après que Saul ait promis aux clients mécontents qu’ils seraient remboursés à concurrence de 110 % de la valeur de leurs jetons, il rejoint ses sauveurs. Entre temps, Milo, après avoir hésité à partir avec le coffret, l’a discrètement remis dans le sac du mage toujours inconscient.

S’ensuit un interrogatoire qui ne leur révélera pas grand chose. Le mage se nomme Angvar Thestlecrit, et sa compagne se nommait Thuvalia. A eux deux ils avaient monté un plan suite à l’annonce du tournoi et avaient recruté une demi-douzaine de petites mains comme on peut en trouver par centaines en ville. Ils avaient misé sur l’effet de surprise qui s’était retourné contre eux et… voilà.

Alors que le petit groupe vient de décider de vendre Angvar comme esclave plutôt que de le tuer, Saul se frotte les mains…
« Mes amis, notre rencontre n’est pas fortuite. Après un désastre comme celui de ce soir, tout autre que moi aurait baissé les bras, mais… Mais avec des personnes aussi douées que vous, je suis certain que le Gobelin Doré peut devenir le meilleur tripot de la ville en peu de temps. J’ai besoin de partenaires pour que cette affaire marche. Je vous offre 10 pièces d’or par semaine, plus le couvert et le gite, si vous bosser pour moi. De plus, si nous faisons de bonnes affaires, vous aurez un pourcentage sur les gains… »

C’est ainsi qu’après quelques minutes de négociation où les antécédents douteux de Saul et sa volonté de repartir sur de bonnes bases étaient évoqués, la Salle de jeu du Gobelin Doré comptait six nouveaux employés, qui venaient rejoindre Larur Feldin (le gérant de l’établissement, un nain), Hans et Beyar (les deux seuls videurs à être restés fidèles à Saul après la débandade qui avait suivi le hold-up) et Bojask, le garde du corps de Saul.

Avec une telle bande de bras cassésves gens, nul doute que le Gobelin doré est promis au plus radieux avenir !

6 sept. 2012

Coming-out royal [MTE]

Quelques semaines ont passé depuis que les héros de Korvosa ont trouvé un remède au voile de sang qui ravageait la ville. Seule la Vieille Ville est toujours isolée, condamnée à la quarantaine par la Reine qui refuse de lever la sanction tant que l’île sera agitée par les émeutes qui y font rage…

Brecht a des amis là-bas. Comme beaucoup de personnes, il s’est arrangé ces derniers temps pour faire parvenir des vivres sur l’île, mais il veut aller plus loin. Il suggère que la ville les envoie, lui et ses compagnons, comme émissaires pour calmer les émeutes et ramener la paix, afin que la circulation puisse être à nouveau ouverte avec le reste de la cité. Cressida Kroft accueille la proposition avec bienveillance, et promet d’en toucher un mot à la Reine Iléosa à l’occasion du prochain conseil. Du reste, les différents clergés de la ville sont mis au courant de ce projet et promettent de soutenir la proposition.

C’est ainsi que les instances dirigeantes de la ville se réunissent pendant plus d’une journée en huis clos, jusqu’à ce que l’annonce se répande dans les rues que la Reine fera une allocution publique dans la cour du château dès le lendemain matin. La première depuis la fin de l’épidémie.

Les héros de Korvosa sont bien sûr présents dans la foule qui se masse dans la cour du château le lendemain, curieux d’entendre ce que la Reine va annoncer, et espérant qu’elle accédera à leur requête. Cette dernière apparaît sur les remparts, accompagnée de sa garde du corps, Sabina Merrin, de la Maréchale Kroft et de l’Amiral Endrin ainsi que de son nouveau conseiller à la silhouette imposante, un certain Togomor. Orgian remarque également que la Reine porte une nouvelle couronne, qui semble faire d’os anciens, mais n’en dit rien à personne pour l’instant.

La Reine commence son discours en rappelant que l’épidémie qui avait ravagé Korvosa était enfin vaincue, et que même si elle avait couté la vie à de nombreux korvosiens, les survivants ne pouvaient qu’en sortir plus fort. Elle regrettait cependant la perte du bon docteur Davaulus, fer de lance de la lutte contre la maladie, assurant à ses concitoyens que son corps avait été rapatrié au Chéliax avec les honneurs qui lui étaient dû. A ce moment du discours, la foule commence à s’agiter, quelques huées fusent, encouragées par les héros de la ville. Cressida Kroft et Marcus Endrin semblent accuser le choc ; ils ne s’attendaient visiblement pas à un tel discours.

Mais les choses n’en restent pas là… Rappelant que l’Ordre de la Pointe s’est lâchement retiré dans sa citadelle et que ni la garde ni la compagnie du sable, diminuées par l’épidémie et les troubles qui avaient agité la ville ces derniers temps, ne sont plus en état d’assurer la défense de la ville, elle a décidé de confier la protection de Korvosa aux vierges grises. Elle nomme dans la foulée Sabina Merrin au poste de Générale de cette nouvelle armée. Une nouvelle vague de protestations est réduite au silence par Togomor, qui use de magie pour étouffer tous les sons provenant de la cour, afin que la Reine puisse poursuivre son discours paisiblement.

Elle annonce ensuite sa décision de nommer le dit Togomor au poste de Sénéchal de la ville, et enchaîne sur sa décision de dissoudre la compagnie du Sable, dont les effectifs restants seront ralliés à la garde de la ville. Elle demande donc à Marcus Endrin de s’avancer pour lui remettre son insigne de commandement. Ce dernier accuse le coup ; en tremblant il arrache l’insigne… Et le jette au visage de la Reine, médusée. Il profite de cet instant de flottement pour dégainer son arbalète, l’armer d’un geste vif et précis, et, à bout portant, tirer un carreau dans la gorge de la Reine…

« Ton règne honteux s’achève ici ! Korvosa est libre ! »

Mais Iléosa n’a pas bronché. A peine Marcus a-t-il baissé son bras vengeur que la Reine à retiré le carreau, pourtant planté dans sa gorge jusqu’à l’empennage, et se jetant sur l’ex-Amiral, le soulève par le cou comme s’il ne pesait rien et lui plante le trait dans le cœur avec une rage et une force inattendue…

« Voici ce qui attend tous les ennemis de Korvosa ! Souvenez vous de cette mort ! Ce n’est que la première ! »
Suite à quoi elle jette le corps d’Endrin au bas des remparts, au milieu de la foule. Un instant plus tard, Togomor lui saisit la main et tous deux disparaissent, tandis que la Générale Merrin donne ordre à ses troupes de disperser la foule. Quelques fumigènes lancés par Silas et un sort d’hébétement de zone produit par Kresh permettent aux héros, aidés par Cressida encore sous le choc, de récupérer le corps de Marcus Endrin et de le ramener à la citadelle à moindre frais.

Le projet de rallier au plus vite les restes de la Compagnie du Sable tourne court ; lorsque les héros arrivent sur place, les Vierges Grises tiennent en respect une quinzaine d’officiers de la Compagnie alors que quelques cadavres – dont une poignée de griffons – jonchent les rues environnantes. Cressida essaie de rallier un maximum de gardes et de les ramener à la Citadelle, mais informe finalement ses amis qu’elle estime que toute tentative de révolte est vouée l’échec dans l’immédiat. La Reine ou ceux qui la contrôlent ont bien préparé leur coup ; les Vierges Grises sont maîtres de la ville.

Les héros de la ville se rendent ensuite au manoir de la famille Endrin, pour remettre la dépouille de Marcus à sa famille. Ils sont reçus par sa sœur, Brieanna, qui les remercie de leur geste et leur promet de leur rendre la pareille quand elle en aura l’occasion. Dans l’immédiat, elle leur dresse un portrait de la politique et des grandes familles de la ville pour arriver à la conclusion qu’il ne faut espérer aucune aide de ce côté… Seule peut-être la famille Arkona, dont les dirigeants sont coincés dans la Vieille Ville par la quarantaine, aurait la volonté et les ressources nécessaires à s’opposer à la Reine.

En fin d’après-midi, ils retournent à la citadelle, où la Maréchale a demandé à les voir. Après les avoir mis en garde contre le fait qu’ils étaient désormais persona non grata dans l’enceinte de la ville, elle leur montre une lettre de Vencarlo Orisini qui vient de lui parvenir. Ce dernier aurait des informations sur la Reine, et parle d’un pacte avec les diables… Il suggère que son amie lui envoie les fameux héros de Korvosa, qui l’ont tellement impressionné lors de leur dernière rencontre.

Cressida abonde dans ce sens. Rentrer dans la vieille Ville à la faveur de la nuit pour rejoindre Orisini doit être à leur portée ; c’est quitter l’île qui est plus difficile. Du reste, elle est convaincue qu’ils seront, paradoxalement, plus en sécurité dans la zone de quarantaine, où les vierges grises ne patrouillent pas. Elle s’est déjà arrangée pour que les gardes de la porte du Pont Nord soient uniquement des hommes de confiance durant cette nuit. Elle leur suggère de quitter le centre pour se cacher à Fin-de-Piste jusqu’à ce qu’une opportunité de rejoindre la Vieille Ville se présente. Le plus tôt sera le mieux ; ce soir les Vierges Grises sont trop occupées à affirmer leur mainmise sur les différents quartiers, mais il y a de fortes chances pour que, dès les jours qui suivent, elles soient envoyées perquisitionner à la Taverne-sans-nom et aux autres endroits fréquentés habituellement par le groupe…

Cressida leur suggère par ailleurs de quitter la ville quelques temps quand ils auront récupéré les informations de Vencarlo… Lui même à des amis hors de la ville qui pourront les abriter ; sans doute d’ailleurs voudra-t-il les accompagner. Elle est convaincue qu’en restant en ville ils finiraient par se faire prendre. Elle promet du reste de faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger leurs proches en leur absence.

Le temps de rassembler le principal et de se déguiser pour éviter d’attirer l’attention des sbires de la Reine, le groupe traverse la ville et rejoint Fin-de-Piste, accompagné par Grau Soldado… Là bas, ils sont installés dans un hangar aménagé pour les recevoir le temps de leur séjour. Celui-ci sera d’ailleurs fort bref, puisqu’ils décident de traverser le Jeggare la nuit même, pour minimiser les risques qu’on les retrouve trop tôt.

C’est ainsi que, profitant du couvert d’une nuit particulièrement nuageuse, les héros de le ville se glissent silencieusement le long de l’onde, en direction de la Vieille Korvosa…