Attention, risque de spoiler


Attention, risque de spoiler

Si vous comptez jouer les campagnes l'éveil du seigneur des runes [ESR], la malédiction du trône écarlate [MTE], le retour des ténèbres [RDT], Kingmaker [KMK] ou la couronne de charogne [CCH], je vous déconseille la lecture de ce blog. En effet, il contient principalement des comptes rendus de parties jouées dans le cadre de ces campagnes, et vous vous gâcheriez la surprise en le parcourant.

Dans l'éveil du seigneur des runes, que j'anime, je raconte les aventures d'un jeune groupe d'Eclaireurs mandatés par la cellule de Magnimar pour s'installer dans la petite ville de Pointesable et mettre à jour les secrets liés à cet endroit.

Dans la malédiction du trône écarlate, que j'anime également, je raconte les exploits d'un groupe de citoyens de Korvosa devenus les héros de la ville un peu par hasard suite aux événements qui agitèrent celle-ci après la mort du roi.

Dans le retour des ténèbres, que j'anime aussi, je raconte les péripéties de quelques aventuriers qui se sont rencontrés à Port-Enigme à l'occasion d'un tournoi de jeu de hasard.

Dans Kingmaker, que j'anime tout autant, je raconte les découvertes d'un groupe d'explorateurs envoyés par le Brévoy pour pacifier la Ceinture Verte dans le but d'y fonder une nation stable.

Dans la couronne de charogne, où je suis joueur, je raconte les aventures d'un petit groupe d'amis réunis par le décès d'un proche, le Professeur Lorrimar, sous forme d'un carnet de route tenu par Stephan Markov, mon personnage, jeune prêtre de Pharasma.

Bonne lecture !

15 mai 2012

Les carnets de route de Nicolaï Markov - extrait 1 [CCH]

Au cours de nos errances dans le dédale poussiéreux qu’était devenue l’ancienne prison de Harrowstone, notre frère Stephan commençât à se sentir de plus en plus mal. Sans doute était-ce dû au contrecoup du choc qu’il avait vécut la veille. Nous décidâmes donc qu’il était préférable qu’il retourne se reposer quelques temps chez Kendra, pendant que nous continuerions à explorer le rez-de-chaussée de la prison. Nous irions le rechercher au moment de visiter la partie à priori la plus périlleuse de nos explorations : le sous-sol. Yvan proposa d’accompagner Stephan, afin de lui éviter toute mauvaise rencontre en chemin dans l’état de faiblesse extrême qui était le sien. Mine de rien, il me semble qu’à force de nous côtoyer, Yvan a de plus en plus la fibre familiale…

C’est donc à quatre que nous poursuivîmes nos explorations. Et celles-ci se montrèrent très rapidement pleines de surprises. La porte qui barrait maintenant notre chemin s’avérât très difficile à ouvrir. Enya et moi-même dûmes nous y prendre à plusieurs reprises avant de parvenir à la forcer. A peine entrés dans la pièce, à priori une ancienne chambre remplie de suie, nous fûmes assaillis par une sensation de froid… La silhouette translucide d’une charmante jeune femme, semblant apeurée, se matérialisât. Tentant notre chance, nous l’appelâmes : « Vesorianna ? ». Elle se retourna vers nous à l’appel de son nom. C’était bien elle, Vesorianna Hawkran. La femme de l’ancien directeur que nous tentâmes de contacter la veille par des moyens détournés.

Vesorianna se montra bien aimable à notre encontre. Du moins tant qu’on ne l’interrogeait pas sur des thèmes qui semblaient la faire entrer dans un état proche de l’hystérie… comme lui parler de son mari par exemple. Dans les grandes lignes nous apprîmes que des gens, à priori vivants, étaient venus enlever son mari. Depuis lors, elle se retrouvait seule pour empêcher une entité de s’échapper du sous-sol de la prison. Et il semblait que cette tâche devenait de plus en plus difficile pour elle et que, sous peu, elle ne pourrait plus résister. De ce qu’elle nous dit, nous avons compris que les gens qui avaient enlevé son « mari » devaient être des adeptes de la voie qui murmure. Nous avons également déduit que l’entité qui tentait de s’échapper devait être l’infâme professeur Hean Fermin. Celui-là même dont le livre donnait des sueurs froides chaque nuit à notre pauvre Sacha. D’après Vesorianna, Feramin, si c’était bien lui, aurait piégé d’une manière ou d’une autre les quatre autres « grands criminels » qui étaient arrivés à la prison avec lui. De quelle manière, elle ne pu pas nous le dire, nous devrions donc le découvrir par nous-mêmes en allant explorer le sous-sol.

Si on exclut le tango très serré qu’Enya tentât de danser avec une camisole très entreprenante, la seule épreuve digne d’intérêt que nous dûmes encore affronter au rez-de-chaussée se déroulât à l’ancienne infirmerie. Dès que nous entrâmes dans la pièce, nous fûmes assaillis par de nombreux objets semblant doués d’une vie propre, comme dans d’autres pièces de la prison. Nous nous rendîmes cependant vite compte que ces objets étaient en fait manipulés par une entité immatérielle qui se tenait à l’abri derrière les grilles de geôles situées dans un coin de la pièce. Ce Poletergeist (nom que nous apprit plus tard le père Grimburrow), s’avérât très coriace à mater. A peine avions-nous réussi à forcer la porte d’une geôle pour engager le combat au corps à corps, qu’il allait se réfugier dans une autre geôle. Et ce n’est que grâce à un acte héroïque de Gregori que nous pûmes finalement vaincre l’entité. Gregori, utilisant une énergie que je le lui connaissais pas, prit son élan, défonçât l’épaisse grille derrière laquelle l’entité était réfugiée, et écrasât celle-ci contre le mur du fond de la pièce. L’entité ne s’en releva pas…

Après cet épisode, nous décidâmes de rentrer car il était temps pour nous de retourner au monument à la gloire des défenseurs de la prison afin de tenter de trouver l’origine du sacrilège qui s’était déjà perpétré à deux reprises. En effet, si notre intuition était juste et que Hean Fermin tentait bien d’éliminer Vesorianna pour quitter la prison, il fallait absolument empêcher que le nom de cette dernière continue à être épelé jour après jour sur le monument. Heureusement pour nous, les parents de la femme de l’ancien directeur avaient eu la bonne idée de lui choisir un prénom de plusieurs syllabes, ce qui nous laissait un peu de marge. Nous n’osions pas imaginer la catastrophe que cela aurait pu être s’ils l’avaient appelée Vera, voir même Ana.

Arrivés près du monument une demi-heure avant l’heure de la messe, nous nous dissimulâmes dans les environs en espérant que le père Grimburrow ne nous en voudrait pas de trop de notre absence à l’office du soir. Le temps était comme souvent dans la région détestable. Une pluie battante et une température loin d’être agréable nous faisait regretter le réconfort de la maison de Kendra. A peine l’heure de la messe passée, nous vîmes arriver au loin une silhouette s’approchant du monument. Voyant mes compagnons faire route vers la silhouette, je me dirigeai à mon tour vers elle. En m’approchant, je pu apprécier le splendide tacle glissé dans la boue d’Enya. Il était digne des plus belles parties de troll-ball auxquelles j’avais pu participer durant mon enfance. Cette belle manœuvre ne réussit cependant pas à notre « joli tonton » car la silhouette brandit ensuite dans un mouvement fluide un immense rasoir au moyen duquel elle occasionnât une profonde estafilade au pauvre Enya.

Enfin arrivé au corps à corps, je pu constater que notre adversaire était un vieillard aux yeux exorbités et hagards, uniquement vêtu d’une robe de nuit. D’une main il brandissait un redoutable rasoir de guerre, de l’autre il tenait fermement une outre et un cadavre de poulet. Ce vieillard était en tous cas très vigoureux et nous dûmes nous y mettre à trois pour l’étaler pour le compte.

Le vieillard assommé, nous remontèrent sa piste qui menait à une fermette non loin du monument. La fouille de l’endroit ne nous apprit rien de particulier, si ce n’est que le vieillard semblait être un soldat vétéran, ce qui pouvait expliquer sa résistance acharnée. Nous décidâmes donc de le conduire au père Grimburrow pour essayer d’en apprendre plus.

Nous nous rendîmes donc à l’église une fois que nous fûmes certains que tous les fidèles étaient rentrés chez eux. Il aurait en effet été de mauvais ton de croiser des habitants alors que nous transportions notre volumineux colis.

Le père Grimburrow fut très intéressé par ce que nous lui apprîmes. Concernant notre « possédé », il proposât de procéder à un exorcisme le lendemain vu qu’il n’en avait plus le potentiel le jour même. Le vieillard, revenu à lui sur ces entre-faits, se retrouva enchaîné malgré ses contestations. Il semblait ne plus se souvenir de ce qu’il avait fait quelques heures auparavant.

Nous décidâmes de rentrer chez Kendra pour retrouver nos frères et nous reposer. Notre nuit fut à nouveau perturbée par les cris de notre pauvre Sacha… Ses cauchemars ne l’avaient malheureusement pas quittée.


Le lendemain, nous reprîmes le chemin de la prison au complet. Le matériel rassemblé par Yvan la veille nous permît de monter une sorte de treuil doté d’une échelle de corde au-dessus du puits menant dans le sous-sol de la prison.

Enya et Gregori descendirent les premiers dans le gouffre obscur. A peine eurent-ils touché le sol, qu’ils furent assaillis par une horde de squelettes. Ceux-ci n’étaient heureusement guère adroits, ce qui nous permit de les annihiler sans trop de difficulté une fois que Sacha et moi les eûmes rejoints (Stephan et Yvan étant restés au-dessus du puits pour pouvoir nous remonter rapidement en cas de problème).

Une fois le combat terminé, nous nous rendîmes compte que nous étions arrivés dans une grande salle carrée où s’ouvrait un passage dans chacun de ses murs. Au-dessus de chaque ouverture, une plaque indiquait un message fort peu encourageant sur ce que nous risquions de croiser en nous y engageant. Nous finîmes par nous décider à emprunter le passage menant aux oubliettes. Après quelques pas dans ce passage, nous vîmes que le chemin était barré par une lourde grille, une petite porte sur notre droite donnant sur une pièce. Ne parvenant pas à ouvrir la grille, nous nous sommes rabattus sur la porte qui donnait sur une petite pièce. Entrés dans celle-ci nous fûmes assaillis par une créature humanoïde sans tête et couverte de flammes qui maniait une lourde hache à deux mains. Le combat homérique se termina fort heureusement à notre avantage sans que nous ayons eu à subir de trop lourdes blessures.

Nous étions occupés à panser nos blessures et à inspecter le cadavre de la créature lorsque mon attention fut soudainement attirée par une sensation de coupure, puis par le bruit d’un objet métallique tombant sur le sol. Je me retournai directement et je m’aperçus que l’objet en question était une splendide épée de métal noir dans son fourreau. A ce moment, j’entendis une voix résonner à l’intérieur de ma tête. Elle me dit quelque chose du genre : « Bonjour Nicolaï, je suis heureuse que tu puisses enfin me voir sous ma véritable apparence… ». Mon familier venait de se révéler à moi sous sa vraie forme…

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 4 [CCH]

Je n’étais guère vaillant quand je suis monté me coucher, hier soir. Je n’aurais pas cru que l’on puisse me tirer de mon lit, mais le cri poussé par Sasha ma fait bondir dans le couloir plus vite que si j’avais été attaqué par un essaim de frelons-vampires. La pauvre avait fait un nouveau cauchemar ; nous avons eu toutes les peines du monde à la calmer… Du coup, ce matin, j’étais tellement mal en point que je n’ai pas pu assister à l’office ; J’ai demandé à Yvan de m’excuser. 

Mon état s’est progressivement amélioré dans le courant de la journée.

Nous avons passé la journée à chercher des renseignements sur l’ancienne prison. C’est au parchemin déroulé, la librairie de la ville, tenue par M. Goroven, que nous avons trouvé le plus de renseignements. Nous savons maintenant que sa réputation de prison de haute sécurité dépassait les frontières du comté et même du pays, et que l’on y trouvait enfermés de dangereux criminels venus de très loin. Elle n’avait d’ailleurs jamais été aussi mal fréquentée qu’a moment de sa destruction…

Je me suis rendu au temple pour l’office du soir avec un peu d’avance. Je voulais rattraper le temps perdu ce matin et discuter avec le père Grimburrow. Après que je lui aie raconté les événements de la journée précédente, ainsi que mon « rêve » étrange, il a suggéré de m’exorciser dans les plus brefs délais. Je trouvais aussi la mesure prudente.

Entretemps, Nicolaï, qui avait passé une partie de sa journée à l’hôtel de ville, avait trouvé des informations sur les cinq criminels les plus réputés et les plus dangereux qui étaient enfermés dans la prison au moment de l’incendie. L’un d’eux était surnommé l’éclabousseur ; un érudit obsédé par le pouvoir des noms, devenu sérial killer après avoir été influencé par une succube.

En soirée, après l’office, le père Grimburrow a procédé à mon exorcisme. Il a procédé à l’ancienne, avec les vieux rituels tels qu’ils sont décrits dans les manuels manuscrits du culte. Il faut reconnaître que ça donne un aspect théâtral susceptible de marquer les esprits. Ca a un côté didactique en somme. Par contre, c’est douloureux. Sans le réconfort de la prière, je pense que j’aurai hurlé beaucoup plus vite, ou que je me serais évanoui…


Emporté par le sommeil, je n’ai pu terminer mon journal hier soir. Après l’exorcisme, j’ai entendu que l’on avait découvert un « E » peint en lettre de sang sur le même monument que la dernière fois, mais je n’étais pas vraiment en état de m’y intéresser. Pendant la nuit, Sasha a à nouveau hurlé ; toujours le même cauchemar. Au matin, je lui ai suggéré de se faire elle aussi exorciser, mais la perspective ne semblait guère l’enchanter. Je lui ai assuré que déjà aujourd’hui, je ne sentais presque plus les coups de fouet, mais elle ne semblait pas convaincue.

Le père Grimburrow nous a finalement ouvert l’accès à ses archives. Mon insistance a donc été payante. Nicolaï et Sasha y trouvent de nombreuses informations sur les personnalités des autres bandits présents à la prison, sur les circonstances de l’incendie, sur le directeur de la prison et son épouse, Vésoriana. N’étant pas tout à fait dans mon assiette, je les laisse mettre de l’ordre dans tout cela sans trop m’en mêler.

Après un léger repas, nous sommes repartis vers la prison. Arrivés sur place j’ai essayer d’entrer en contact avec l’esprit de Vésoriana, qui semble étroitement liée au destin de la prison. Je pense avoir réussi à la contacter un instant, mais le lien s’est brisé a peine après avoir été établi. Je manque de pratique pour la communication avec les esprits, il faudra que je relise mes notes de cours…

Nous enfonçant toujours plus loin sous la prison, nous y avons découvert l’ancien tribunal, puis la salle d’entrainement des gardes. Plus loin, le four crématoire s’est animé lorqu’Enya s’en est approché, le brûlant légèrement. Sans ses excellents réflexes, il aurait pu y rester. Nous avons prudemment rebroussé chemin. Les lieux sont en mauvais état ; une porte s’est même effondrée après notre passage, dans une petite chapelle abandonnée remplie de toiles d’araignées… Si c’est pas malheureux !

En plus du four, d’autres objets nous ont attaqué. Dans la salle d’interrogatoire, Yvan s’est fait surprendre par une paire de menottes qui l’ont agrippé aux poignets avant qu’il ne puisse réagir. Heureusement, un sort de Sasha les a brisées après quelques instants, libérant notre frère de ses entraves. Dans la salle de torture voisine, nous avons du lutter contre des fers chauffés à blanc, virevoltant de manière fort peu naturelle à travers la pièce. Fatigués et blessés par les combats, nous décidions d’en rester là pour la journée. Enfin.

Bien qu’il fasse encore clair, je me mets au lit après avoir écrit ces lignes. Mon corps réclame du sommeil, je ne suis pas au mieux de ma forme.

Pharasma, puisses-tu écarter le mal de tes fidèles !

20 mars 2012

Retour à Magnimar [ESR]

C’est après quelques jours de repos mérités que les éclaireurs quittent Pointesable pour se rendre à Magnimar, où ils espèrent faire la lumière sur les zones d’ombre qui émaillent l’histoire d’Aldern.

A la fin de la troisième journée du voyage, qui s’est jusque là déroulé sans encombre, alors qu’ils devisent gaiement sur l’agréable soirée qu’il vont passer à déguster l’excellent cognac du relai de l’Ange Bleu, Alexio fait remarquer à ses compagnons une épaisse colonne de fumée noire qui s’élève dans le ciel, quelques kilomètres devant eux… Ils pressent le pas, tandis que leurs craintes se confirment : c’est bien l’Ange Bleu qui est en train de brûler !

Lorsqu’ils arrivent sur les lieux du drame, ils découvrent une dizaine de gobelins occupés à danser et chanter autour d’un tas de corps enflammés, au milieu des bâtiments rougeoyants de l’auberge. Milo éperonne Pat’Glu en poussant un cri de guerre et éparpille les gobelins dans une charge héroïque, tandis que ses compagnons le suivent tant bien que mal.

Un instant désorganisés par l’attaque surprise du halfelin, les gobelins se sont regroupés autour de lui et lui mènent la vie dure. Mais le pire survient lorsque le chef de la bande –une espèce de sorcier– termine son incantation et fait éclater autour de lui une déflagration de flamme qui fait chuter le gecko géant de Milo et projette son cavalier dans les flammes qui lèchent le bâtiment voisin. Heureusement, ses compagnons se sont joints à la mêlée, et accaparent l’attention des gobelins, car le petit paladin a fort à faire pour se dépêtrer de ses brides et soigner sa monture avant que les flammes n’aient raison d’elle.

Quelques instants plus tard, le sorcier gobelin gît au sol parmi ses semblables, et les éclaireurs peuvent envisager la suite de leur soirée, qui sera moins agréable que prévu : éteindre l’incendie, et donner une sépulture décente aux victimes des gobelins. Parmi ces victimes, une seule semble avoir eu le temps de sortir des armes pour se défendre ; les autres ont sans doute été fauchées alors qu’elles sortaient du relai en flammes. L’unique défenseur devait être un serviteur de Torag, si l’on s’en réfère à son arme : un marteau à deux mains d’excellente facture, bien qu’un peu noirci, et gravé du symbole du dieu de la forge. Après une courte prière pour le repos de l’âme de son coreligionnaire, Bjorn attache l’arme dans son dos…

Après une nuit passée à la belle étoile, le groupe reprend sa route vers Magnimar ; la fin du voyage se passera sans incident.

Ils trouvent Magnimar aussi agitée qu’à l’accoutumée. Ils se rendent tout d’abord au manoir Heidmarch, siège de la société des explorateurs en ville, où ils passeront plusieurs heures à donner des nouvelles de Pointesable. Le lendemain, le groupe se disperse, selon les priorités de chacun… Raven reste au manoir, plus précisément à la bibliothèque, où il fait des recherches sur l’étoile à sept branches. Cathlynn à emprunté un des meilleurs chevaux de Sheyla Heidmarch et parcours les rues et espaces verts de la ville, poussant jusqu’aux campagnes environnantes. Milo s’est rendu à la taverne de Cayden Cailéan la plus proche pour trinquer avec le patron et discuter de l’ambiance en ville. Marcus s’est rendu au temple de Pharasma, où il a passé de longues heures en prières avant d’aller trouver le prieur pour lui faire don d’une bourse bien garnie.

Enfin, Alexio, Tyam et Bjorn se sont rendus au temple-forteresse d’Iomédae. L’Ulfen voulait simplement y prier, n’ayant pas trouvé de temple de Torag en ville. Quant aux deux prêtres, ils voulaient rencontrer la chapelaine Ronnova, plus haute autorité du culte en ville. Expliquant la raison de leur présence, ils apprennent en retour que Magnimar est actuellement agitée par une vague de meurtres au modus operandi identique à ceux qui ont eu lieu à Pointesable. La chapelaine est convaincue que c’est là le travail d’un groupe bien organisé, et non d’un seul individu, mais elle a malheureusement du mal à combattre efficacement la menace, les communications avec la garde n’étant pas des plus simples. La bureaucratie est d’ailleurs, d’après elle, le principal mal dont souffre sa ville bien-aimée, rendant toute intervention officielle laborieuse dans bien des cas.

Après avoir laissé un petit mot pour son mentor absent, Tyam quitte la forteresse pour aller laisser traîner ses oreilles dans les bas quartiers, notamment sous l'Irarche essayant de repérer quelles associations criminelles pourraient avoir un lien avec les meurtres. Alexio, de son côté, se rend directement à l’hôtel de ville, où il demande une entrevue avec le seigneur-maire. Il ne l’obtiendra pas, mais sera reçu par son secrétaire, Valanni Krinst, qu’il parviendra à rallier à sa cause, obtenant un sauf-conduit lui permettant de poursuivre l’enquête commencée à Pointesable, notamment en allant perquisitionner dans la maison Ganrenard. Il promet également de toucher un mot au seigneur-maire et aux juges pour que ceux-ci étendent la faculté d’enquête à tous les meurtres qui agitent la ville.

Les éclaireurs ont maintenant les outils nécessaires pour commencer vraiment leur enquête…

19 mars 2012

Le bal des zombies [MTE]

La jeune varisienne qui accompagne Grenna se nomme Deyanira Mirukova. C’est la sœur d’un jeune prodige de l’ocarina nommé Ruan, la coqueluche actuelle de la noblesse korvosienne à l’amphithéâtre de Kendall. Entre deux sanglots, la demoiselle parvient à expliquer à Orgian que son frère s’est rendu il y a une semaine au manoir Carrowyn, où il devait donner une représentation lors d’un bal costumé rassemblant la crème de la crème de la haute bourgeoisie de Pointe Sud. Depuis, elle n’a plus de nouvelles de lui. La garde est restée insensible à ses appels à l’aide, quant au manoir, il semble déserté depuis la fête.

Après un petit crochet à la citadelle pour s’assurer que leur enquête ne risquait pas de provoquer de remous, le groupe se dirige derechef vers les quartiers chics. Seuls Brecht et Yori restent à la taverne, préférant travailler sur le déchiffrement des cahiers codés trouvés sur le navire.

Le manoir semble effectivement abandonné et, tandis qu’il frappe à la porte, Silas perçoit une désagréable odeur de putréfaction provenant de l’intérieur. En l’absence de réaction des habitants de la maison, il finit par se décider à forcer l’entrée. Quelques pas dans le couloir suffisent pour constater qu’effectivement, quelque chose ne tourne pas rond chez les Carrowyn. Dans un coin de la pièce, une dizaine de cadavres en costumes chatoyants sont empilés, tandis qu’au milieu du grand hall, trois couples tout aussi bariolés imitent maladroitement les pas du menuet, jusqu’au moment où ils constatent qu’ils ne sont plus seuls et se retournent vers la porte… Des zombies !

Les cris rauques des morts-vivants ont tôt fait de résonner dans toute la maison, et leurs congénères sortent des pièces voisines, le regard vitreux et les bras ballants, convergeant vers les intrus qui se sont regroupés derrière Kylian. S’ils sont nombreux, les zombies sont surtout lents et maladroits. La plupart sont abattus avant de pouvoir frapper, les coups magistraux du maître-lame et les potions explosives de l’alchimiste faisant des merveilles. Le combat rebondit cependant lorsqu’un premier carreau vient frapper Kylian de plein fouet, suivi d’un second.

A chaque fois, on a pu apercevoir une silhouette féminine en robe rouge, postée sur le balcon du premier étage, disparaissant en éclatant d'un rire malsain une fois son trait tiré.

Il semble clair que la silhouette rouge n’est pas innocente dans la scène qui se déroule ici, reste que la coincer ne sera pas facile, vu qu’elle semble capable de se rendre invisible facilement. Les combattants essaient de se frayer un chemin vers l’étage, à travers les escaliers encombrés de zombies, et finissent par se trouver face à une elfe masquée qui, après avoir terminé de réciter une petite comptine, ouvre une des portes du balcon en déclamant : « Mesdames et messieurs, la Reine du Galt ! », alors qu’un zombie perruque et poudré, habillé de soies et dentelles, sort de la chambre et se jette au combat…

Une malédiction proférée par Kresh réduit momentanément l’elfe à l’impuissance, permettant à ses adversaires de se rapprocher d’elle malgré les zombies ; mais alors qu’ils sont sur le point de mettre la main dessus, elle reprend conscience, sort une potion de sa poche, la porte à sa bouche, et disparaît à nouveau. Un instant plus tard, le bruit mat d’un corps touchant le sol résonne au rez-de-chaussée… Elle s’est laissée tomber. Orgian pousse un juron avant d’ouvrir la fenêtre du balcon ; il saute et atterrît dehors, juste devant la porte d’entrée, qu’il franchit et referme aussitôt derrière lui, espérant ainsi barrer le chemin de l’elfe invisible. Silas, qui l’avait suivi, se retrouve enfermé à l’extérieur, et tambourine à la porte sous le regard méfiant des rares passants déjà dehors d’aussi bon matin.

En bas, une des portes s’est ouverte, libérant d’autres zombies, armés de lyres et de trompettes. Kylian est descendu, lui aussi, et essaie de repérer où son adversaire se terre. Une autre porte s’ouvre, celle de la cuisine. Ca ne peut être qu’elle. Encore plus de zombies, mais elle ne leur échappera plus longtemps… Kylian se rue dans la pièce, et vient s’empaler sur la dague de l’elfe, qui vient de réapparaitre, et, la mine contrite, laisse s’échapper un « Oups » presque convainquant, avant de lâcher son arme…

« Pouce ! Vous avez gagné ! » dit-elle en se laissant glisser à terre tandis que les zombies restants s’arrêtent net…

Après avoir menotté l’elfe, repris leur souffle et avoir été soignés par Brynizril, ils fouillent le manoir, à la recherche de Ruan. En vain. Dans la cave, ils trouvent toutefois monsieur Carrowyn, en état de choc. Il s’était barricadé là quand les choses ont commencé à tourner mal, et cela fait une semaine qu’il survit en buvant le vin de sa réserve. Lorsque Kresh lui annonce sans ménagement le décès de sa femme, il s’écroule dans un divan ; il sera impossible d’en tirer quoi que ce soit d’autre.

Commence ensuite l’interrogatoire, sans grand succès dans un premier temps. L’elfe s’appelle Jolistina et est accroc au kik, qui lui a clairement ravagé le cerveau. Les pires menaces la font rosir de plaisir, aussi décident-ils de l’emmener à la garde, pour poursuivre l’interrogatoire dans les cachots, avec l’aide d’un parchemin de charme-personne, qui donnera de meilleurs résultats.

Il s’avère que son amant, un certain « Rolsounet d’amour » –Rolth le nécromancien, donc– lui a demandé d’aller massacrer tous les participants à la fête donnée par les Carrowyn, à l’aide de carreaux infectés qu’il lui avait remis. Elle devait seulement épargner les jeunes mâles varisiens présents sur place. Il n’y en avait d’ailleurs qu’un seul, qui correspond à la description de Ruan. Elle s’est fait un plaisir de massacrer tous les autres. Quand Rolth est venu voir si le travail était bien fait, il était accompagné de deux jeunes femmes en armures grises, ce qui ne manqua pas de déplaire à Jolistina qui n’y vit que de potentielles rivales. Après avoir emmené le varisien, ils laissèrent l’elfe donner libre cours à son inspiration artistique avec quelques parchemins d’animation des morts, et la pauvre ne sait pas grand chose de plus, sinon qu’elle s’est bien amusée, mais qu’elle n’a plus de kik…

Quand ils rentrent à la taverne, Yori est de fort bonne humeur, tandis que Brecht affiche une mine grave : ils sont parvenus à percer le code des documents cachés dans la bateau. Ils ont ainsi appris que le propriétaire de l’Ecumeur était un certain R. Davaulus… Les coffres, désignés comme « spécimens », ont été livrés par un groupe noté F7 et devaient être envoyés à Korvosa. Les livres de comptes mentionnent aussi des livraisons de matériel divers dans un entrepôt de la ville. Quelques recherches concernant cet entrepôt leur ont appris qu’il avait été vendu il y a quelques mois par la famille Arkona à des investisseurs étrangers pour une bouchée de pain, mais surtout que cet entrepôt était depuis quelques jours mieux connu sous le nom d’« Hospice des Saintes Demoiselles »…

Quelques heures de guet devant l’entrepôt-hospice leur confirmeront que celui-ci est plutôt bien surveillé par les vierges grises, que des malades y entrent régulièrement, amenés par des médecins de la reine escortés de gardes, et qu’à priori, personne d’autre n’y est le bienvenu… Pour des raisons sanitaires, bien entendu. Autant de choses qui donnent à certains une furieuse envie d’y revenir jeter un œil un de ces soir…

14 mars 2012

Les chattons de la pixie [ESR]

Les éclaireurs profitent donc de quelques jours de repos à Pointesable pour réaménager quelque peu leur demeure. Entre autres choses, Alexio prépare la cérémonie d'ordination de Tyam, qui souhaitait depuis longtemps rejoindre officiellement les rangs du clergé d'Iomédae. Celle-ci a lieu dans la cathédrale, en présence d'une poignée de fidèles et est prétexte à quelques réjouissances, notamment un grand feu de joie qui semble réjouir le prêtre chélaxien au plus haut point.

Mais ils savent que certaines affaires restent en souffrance, notamment le problème du Barghest enfermé sous le fort de Pic-Chardon…

C’est au grand complet et au mieux de leur forme qu’ils retournent au repaire des gobelins, qui ne semble plus habité que par Gogmurt, le druide gobelin, qui semble les craindre suffisamment pour ne pas chercher à leur nuire. Un rapide tour des étages inférieurs leur confirme que rien n’a bougé ici, et ils arrivent sans encombre devant la porte qui enferme le démon. Avec prudence, Tyam déverrouille celle-ci. Puis Alexio, protégé par la bienveillance d’Iomédae, entre dans la pièce le premier… Celle-ci, éclairée en son centre par une fosse à feu, semble vide, mais les éclaireurs savent que leur ennemi peut se rendre invisible.

Malgré toute la prudence du jeune prêtre, quand le monstre surgit du néant pour le frapper, il ne peut rien faire, et est projeté en arrière par la violence du coup. Bjorn et Milo se ruent au contact du Barghest, qui semble quitter la réalité par intermittence, se rendant ainsi difficile à toucher. Tyam s’avance également vers leur ennemi, bien que plus prudemment. Les attaques des éclaireurs ne semble pas affecter le démon, alors que l’inverse n’est malheureusement pas vrai. Bjorn, en première ligne, est couvert de sang –le sien– et chancelle. Heureusement, les lanceurs de sorts ont un peu plus de réussite, et parviennent à équilibrer le combat, puis à le faire tourner à leur avantage. Leur adversaire sera finalement vaincu sans qu’aucune perte ne soit à déplorer, même si certains auront besoin de repos après ce combat épique.

Les jours suivant, une partie du groupe reste à Pic-Chardon, maintenant complètement pacifié, pour étudier les lieux et les écrits qui s’y trouvent. D’autres préfèrent rentrer en ville, notamment Milo, qui envisage de récupérer la peau du Barghest pour en faire un tapis de fourrure dans le hall d’entrée de la loge. Malheureusement pour lui, quand il reviendra à la forteresse avec un tanneur, Bjorn lui annoncera qu’il a fait bruler la carcasse, qui lui rappelait trop de mauvais souvenirs.

Par ailleurs, Pointesable est agitée par un fait divers banal : un groupe de puritains, emmenés par l’influente madame Scarnetti, tente de faire fermer la maison de tolérance de la ville, un établissement coquet nommé les chattons de la pixie tenu par la jolie Kaye Tésarani… Certains éclaireurs se trouvent impliqués dans l’affaire ; tout d’abord Alexio qui, ayant marqué son soutien moral au projet de fermeture de ce lieu de débauche, sans toutefois s’impliquer d’avantage, sera approché par madame Scarnetti. Celle-ci lui proposera le soutien de son influente famille pour le développement du culte d’Iomédae à Pointesable s’il s’implique d’avantage dans l’affaire. Le jeune prêtre repoussera poliment l’offre.

Pendant ce temps, Milo, trouvant l’établissement de Kaye fort sympathique, ira proposer à cette dernière de transformer son commerce en temple de Cayden Cailéan, ce qui le protégerait de toute menace de fermeture… Riant de bon cœur à cette proposition, la jeune femme refusera toutefois, arguant que ce n’était pas la première offensive puritaine à laquelle elle devait faire face, mais que la menace n’était pas bien sérieuse, en tous cas pour le moment.

En toile de fond de cette petite affaire, le prévôt Ciguë essaie de calmer le jeu, tout en s’inquiétant de la place que les éclaireurs prennent dans la politique locale. Heureusement pour lui, il devrait bénéficier de quelques jours de calme, puisque ces derniers s’apprêtent à partir pour Magnimar, où ils comptent bien découvrir qui tirait les ficelles derrière Aldern…