Attention, risque de spoiler


Attention, risque de spoiler

Si vous comptez jouer les campagnes l'éveil du seigneur des runes [ESR], la malédiction du trône écarlate [MTE], le retour des ténèbres [RDT], Kingmaker [KMK] ou la couronne de charogne [CCH], je vous déconseille la lecture de ce blog. En effet, il contient principalement des comptes rendus de parties jouées dans le cadre de ces campagnes, et vous vous gâcheriez la surprise en le parcourant.

Dans l'éveil du seigneur des runes, que j'anime, je raconte les aventures d'un jeune groupe d'Eclaireurs mandatés par la cellule de Magnimar pour s'installer dans la petite ville de Pointesable et mettre à jour les secrets liés à cet endroit.

Dans la malédiction du trône écarlate, que j'anime également, je raconte les exploits d'un groupe de citoyens de Korvosa devenus les héros de la ville un peu par hasard suite aux événements qui agitèrent celle-ci après la mort du roi.

Dans le retour des ténèbres, que j'anime aussi, je raconte les péripéties de quelques aventuriers qui se sont rencontrés à Port-Enigme à l'occasion d'un tournoi de jeu de hasard.

Dans Kingmaker, que j'anime tout autant, je raconte les découvertes d'un groupe d'explorateurs envoyés par le Brévoy pour pacifier la Ceinture Verte dans le but d'y fonder une nation stable.

Dans la couronne de charogne, où je suis joueur, je raconte les aventures d'un petit groupe d'amis réunis par le décès d'un proche, le Professeur Lorrimar, sous forme d'un carnet de route tenu par Stephan Markov, mon personnage, jeune prêtre de Pharasma.

Bonne lecture !

20 mars 2012

Retour à Magnimar [ESR]

C’est après quelques jours de repos mérités que les éclaireurs quittent Pointesable pour se rendre à Magnimar, où ils espèrent faire la lumière sur les zones d’ombre qui émaillent l’histoire d’Aldern.

A la fin de la troisième journée du voyage, qui s’est jusque là déroulé sans encombre, alors qu’ils devisent gaiement sur l’agréable soirée qu’il vont passer à déguster l’excellent cognac du relai de l’Ange Bleu, Alexio fait remarquer à ses compagnons une épaisse colonne de fumée noire qui s’élève dans le ciel, quelques kilomètres devant eux… Ils pressent le pas, tandis que leurs craintes se confirment : c’est bien l’Ange Bleu qui est en train de brûler !

Lorsqu’ils arrivent sur les lieux du drame, ils découvrent une dizaine de gobelins occupés à danser et chanter autour d’un tas de corps enflammés, au milieu des bâtiments rougeoyants de l’auberge. Milo éperonne Pat’Glu en poussant un cri de guerre et éparpille les gobelins dans une charge héroïque, tandis que ses compagnons le suivent tant bien que mal.

Un instant désorganisés par l’attaque surprise du halfelin, les gobelins se sont regroupés autour de lui et lui mènent la vie dure. Mais le pire survient lorsque le chef de la bande –une espèce de sorcier– termine son incantation et fait éclater autour de lui une déflagration de flamme qui fait chuter le gecko géant de Milo et projette son cavalier dans les flammes qui lèchent le bâtiment voisin. Heureusement, ses compagnons se sont joints à la mêlée, et accaparent l’attention des gobelins, car le petit paladin a fort à faire pour se dépêtrer de ses brides et soigner sa monture avant que les flammes n’aient raison d’elle.

Quelques instants plus tard, le sorcier gobelin gît au sol parmi ses semblables, et les éclaireurs peuvent envisager la suite de leur soirée, qui sera moins agréable que prévu : éteindre l’incendie, et donner une sépulture décente aux victimes des gobelins. Parmi ces victimes, une seule semble avoir eu le temps de sortir des armes pour se défendre ; les autres ont sans doute été fauchées alors qu’elles sortaient du relai en flammes. L’unique défenseur devait être un serviteur de Torag, si l’on s’en réfère à son arme : un marteau à deux mains d’excellente facture, bien qu’un peu noirci, et gravé du symbole du dieu de la forge. Après une courte prière pour le repos de l’âme de son coreligionnaire, Bjorn attache l’arme dans son dos…

Après une nuit passée à la belle étoile, le groupe reprend sa route vers Magnimar ; la fin du voyage se passera sans incident.

Ils trouvent Magnimar aussi agitée qu’à l’accoutumée. Ils se rendent tout d’abord au manoir Heidmarch, siège de la société des explorateurs en ville, où ils passeront plusieurs heures à donner des nouvelles de Pointesable. Le lendemain, le groupe se disperse, selon les priorités de chacun… Raven reste au manoir, plus précisément à la bibliothèque, où il fait des recherches sur l’étoile à sept branches. Cathlynn à emprunté un des meilleurs chevaux de Sheyla Heidmarch et parcours les rues et espaces verts de la ville, poussant jusqu’aux campagnes environnantes. Milo s’est rendu à la taverne de Cayden Cailéan la plus proche pour trinquer avec le patron et discuter de l’ambiance en ville. Marcus s’est rendu au temple de Pharasma, où il a passé de longues heures en prières avant d’aller trouver le prieur pour lui faire don d’une bourse bien garnie.

Enfin, Alexio, Tyam et Bjorn se sont rendus au temple-forteresse d’Iomédae. L’Ulfen voulait simplement y prier, n’ayant pas trouvé de temple de Torag en ville. Quant aux deux prêtres, ils voulaient rencontrer la chapelaine Ronnova, plus haute autorité du culte en ville. Expliquant la raison de leur présence, ils apprennent en retour que Magnimar est actuellement agitée par une vague de meurtres au modus operandi identique à ceux qui ont eu lieu à Pointesable. La chapelaine est convaincue que c’est là le travail d’un groupe bien organisé, et non d’un seul individu, mais elle a malheureusement du mal à combattre efficacement la menace, les communications avec la garde n’étant pas des plus simples. La bureaucratie est d’ailleurs, d’après elle, le principal mal dont souffre sa ville bien-aimée, rendant toute intervention officielle laborieuse dans bien des cas.

Après avoir laissé un petit mot pour son mentor absent, Tyam quitte la forteresse pour aller laisser traîner ses oreilles dans les bas quartiers, notamment sous l'Irarche essayant de repérer quelles associations criminelles pourraient avoir un lien avec les meurtres. Alexio, de son côté, se rend directement à l’hôtel de ville, où il demande une entrevue avec le seigneur-maire. Il ne l’obtiendra pas, mais sera reçu par son secrétaire, Valanni Krinst, qu’il parviendra à rallier à sa cause, obtenant un sauf-conduit lui permettant de poursuivre l’enquête commencée à Pointesable, notamment en allant perquisitionner dans la maison Ganrenard. Il promet également de toucher un mot au seigneur-maire et aux juges pour que ceux-ci étendent la faculté d’enquête à tous les meurtres qui agitent la ville.

Les éclaireurs ont maintenant les outils nécessaires pour commencer vraiment leur enquête…

19 mars 2012

Le bal des zombies [MTE]

La jeune varisienne qui accompagne Grenna se nomme Deyanira Mirukova. C’est la sœur d’un jeune prodige de l’ocarina nommé Ruan, la coqueluche actuelle de la noblesse korvosienne à l’amphithéâtre de Kendall. Entre deux sanglots, la demoiselle parvient à expliquer à Orgian que son frère s’est rendu il y a une semaine au manoir Carrowyn, où il devait donner une représentation lors d’un bal costumé rassemblant la crème de la crème de la haute bourgeoisie de Pointe Sud. Depuis, elle n’a plus de nouvelles de lui. La garde est restée insensible à ses appels à l’aide, quant au manoir, il semble déserté depuis la fête.

Après un petit crochet à la citadelle pour s’assurer que leur enquête ne risquait pas de provoquer de remous, le groupe se dirige derechef vers les quartiers chics. Seuls Brecht et Yori restent à la taverne, préférant travailler sur le déchiffrement des cahiers codés trouvés sur le navire.

Le manoir semble effectivement abandonné et, tandis qu’il frappe à la porte, Silas perçoit une désagréable odeur de putréfaction provenant de l’intérieur. En l’absence de réaction des habitants de la maison, il finit par se décider à forcer l’entrée. Quelques pas dans le couloir suffisent pour constater qu’effectivement, quelque chose ne tourne pas rond chez les Carrowyn. Dans un coin de la pièce, une dizaine de cadavres en costumes chatoyants sont empilés, tandis qu’au milieu du grand hall, trois couples tout aussi bariolés imitent maladroitement les pas du menuet, jusqu’au moment où ils constatent qu’ils ne sont plus seuls et se retournent vers la porte… Des zombies !

Les cris rauques des morts-vivants ont tôt fait de résonner dans toute la maison, et leurs congénères sortent des pièces voisines, le regard vitreux et les bras ballants, convergeant vers les intrus qui se sont regroupés derrière Kylian. S’ils sont nombreux, les zombies sont surtout lents et maladroits. La plupart sont abattus avant de pouvoir frapper, les coups magistraux du maître-lame et les potions explosives de l’alchimiste faisant des merveilles. Le combat rebondit cependant lorsqu’un premier carreau vient frapper Kylian de plein fouet, suivi d’un second.

A chaque fois, on a pu apercevoir une silhouette féminine en robe rouge, postée sur le balcon du premier étage, disparaissant en éclatant d'un rire malsain une fois son trait tiré.

Il semble clair que la silhouette rouge n’est pas innocente dans la scène qui se déroule ici, reste que la coincer ne sera pas facile, vu qu’elle semble capable de se rendre invisible facilement. Les combattants essaient de se frayer un chemin vers l’étage, à travers les escaliers encombrés de zombies, et finissent par se trouver face à une elfe masquée qui, après avoir terminé de réciter une petite comptine, ouvre une des portes du balcon en déclamant : « Mesdames et messieurs, la Reine du Galt ! », alors qu’un zombie perruque et poudré, habillé de soies et dentelles, sort de la chambre et se jette au combat…

Une malédiction proférée par Kresh réduit momentanément l’elfe à l’impuissance, permettant à ses adversaires de se rapprocher d’elle malgré les zombies ; mais alors qu’ils sont sur le point de mettre la main dessus, elle reprend conscience, sort une potion de sa poche, la porte à sa bouche, et disparaît à nouveau. Un instant plus tard, le bruit mat d’un corps touchant le sol résonne au rez-de-chaussée… Elle s’est laissée tomber. Orgian pousse un juron avant d’ouvrir la fenêtre du balcon ; il saute et atterrît dehors, juste devant la porte d’entrée, qu’il franchit et referme aussitôt derrière lui, espérant ainsi barrer le chemin de l’elfe invisible. Silas, qui l’avait suivi, se retrouve enfermé à l’extérieur, et tambourine à la porte sous le regard méfiant des rares passants déjà dehors d’aussi bon matin.

En bas, une des portes s’est ouverte, libérant d’autres zombies, armés de lyres et de trompettes. Kylian est descendu, lui aussi, et essaie de repérer où son adversaire se terre. Une autre porte s’ouvre, celle de la cuisine. Ca ne peut être qu’elle. Encore plus de zombies, mais elle ne leur échappera plus longtemps… Kylian se rue dans la pièce, et vient s’empaler sur la dague de l’elfe, qui vient de réapparaitre, et, la mine contrite, laisse s’échapper un « Oups » presque convainquant, avant de lâcher son arme…

« Pouce ! Vous avez gagné ! » dit-elle en se laissant glisser à terre tandis que les zombies restants s’arrêtent net…

Après avoir menotté l’elfe, repris leur souffle et avoir été soignés par Brynizril, ils fouillent le manoir, à la recherche de Ruan. En vain. Dans la cave, ils trouvent toutefois monsieur Carrowyn, en état de choc. Il s’était barricadé là quand les choses ont commencé à tourner mal, et cela fait une semaine qu’il survit en buvant le vin de sa réserve. Lorsque Kresh lui annonce sans ménagement le décès de sa femme, il s’écroule dans un divan ; il sera impossible d’en tirer quoi que ce soit d’autre.

Commence ensuite l’interrogatoire, sans grand succès dans un premier temps. L’elfe s’appelle Jolistina et est accroc au kik, qui lui a clairement ravagé le cerveau. Les pires menaces la font rosir de plaisir, aussi décident-ils de l’emmener à la garde, pour poursuivre l’interrogatoire dans les cachots, avec l’aide d’un parchemin de charme-personne, qui donnera de meilleurs résultats.

Il s’avère que son amant, un certain « Rolsounet d’amour » –Rolth le nécromancien, donc– lui a demandé d’aller massacrer tous les participants à la fête donnée par les Carrowyn, à l’aide de carreaux infectés qu’il lui avait remis. Elle devait seulement épargner les jeunes mâles varisiens présents sur place. Il n’y en avait d’ailleurs qu’un seul, qui correspond à la description de Ruan. Elle s’est fait un plaisir de massacrer tous les autres. Quand Rolth est venu voir si le travail était bien fait, il était accompagné de deux jeunes femmes en armures grises, ce qui ne manqua pas de déplaire à Jolistina qui n’y vit que de potentielles rivales. Après avoir emmené le varisien, ils laissèrent l’elfe donner libre cours à son inspiration artistique avec quelques parchemins d’animation des morts, et la pauvre ne sait pas grand chose de plus, sinon qu’elle s’est bien amusée, mais qu’elle n’a plus de kik…

Quand ils rentrent à la taverne, Yori est de fort bonne humeur, tandis que Brecht affiche une mine grave : ils sont parvenus à percer le code des documents cachés dans la bateau. Ils ont ainsi appris que le propriétaire de l’Ecumeur était un certain R. Davaulus… Les coffres, désignés comme « spécimens », ont été livrés par un groupe noté F7 et devaient être envoyés à Korvosa. Les livres de comptes mentionnent aussi des livraisons de matériel divers dans un entrepôt de la ville. Quelques recherches concernant cet entrepôt leur ont appris qu’il avait été vendu il y a quelques mois par la famille Arkona à des investisseurs étrangers pour une bouchée de pain, mais surtout que cet entrepôt était depuis quelques jours mieux connu sous le nom d’« Hospice des Saintes Demoiselles »…

Quelques heures de guet devant l’entrepôt-hospice leur confirmeront que celui-ci est plutôt bien surveillé par les vierges grises, que des malades y entrent régulièrement, amenés par des médecins de la reine escortés de gardes, et qu’à priori, personne d’autre n’y est le bienvenu… Pour des raisons sanitaires, bien entendu. Autant de choses qui donnent à certains une furieuse envie d’y revenir jeter un œil un de ces soir…

14 mars 2012

Les chattons de la pixie [ESR]

Les éclaireurs profitent donc de quelques jours de repos à Pointesable pour réaménager quelque peu leur demeure. Entre autres choses, Alexio prépare la cérémonie d'ordination de Tyam, qui souhaitait depuis longtemps rejoindre officiellement les rangs du clergé d'Iomédae. Celle-ci a lieu dans la cathédrale, en présence d'une poignée de fidèles et est prétexte à quelques réjouissances, notamment un grand feu de joie qui semble réjouir le prêtre chélaxien au plus haut point.

Mais ils savent que certaines affaires restent en souffrance, notamment le problème du Barghest enfermé sous le fort de Pic-Chardon…

C’est au grand complet et au mieux de leur forme qu’ils retournent au repaire des gobelins, qui ne semble plus habité que par Gogmurt, le druide gobelin, qui semble les craindre suffisamment pour ne pas chercher à leur nuire. Un rapide tour des étages inférieurs leur confirme que rien n’a bougé ici, et ils arrivent sans encombre devant la porte qui enferme le démon. Avec prudence, Tyam déverrouille celle-ci. Puis Alexio, protégé par la bienveillance d’Iomédae, entre dans la pièce le premier… Celle-ci, éclairée en son centre par une fosse à feu, semble vide, mais les éclaireurs savent que leur ennemi peut se rendre invisible.

Malgré toute la prudence du jeune prêtre, quand le monstre surgit du néant pour le frapper, il ne peut rien faire, et est projeté en arrière par la violence du coup. Bjorn et Milo se ruent au contact du Barghest, qui semble quitter la réalité par intermittence, se rendant ainsi difficile à toucher. Tyam s’avance également vers leur ennemi, bien que plus prudemment. Les attaques des éclaireurs ne semble pas affecter le démon, alors que l’inverse n’est malheureusement pas vrai. Bjorn, en première ligne, est couvert de sang –le sien– et chancelle. Heureusement, les lanceurs de sorts ont un peu plus de réussite, et parviennent à équilibrer le combat, puis à le faire tourner à leur avantage. Leur adversaire sera finalement vaincu sans qu’aucune perte ne soit à déplorer, même si certains auront besoin de repos après ce combat épique.

Les jours suivant, une partie du groupe reste à Pic-Chardon, maintenant complètement pacifié, pour étudier les lieux et les écrits qui s’y trouvent. D’autres préfèrent rentrer en ville, notamment Milo, qui envisage de récupérer la peau du Barghest pour en faire un tapis de fourrure dans le hall d’entrée de la loge. Malheureusement pour lui, quand il reviendra à la forteresse avec un tanneur, Bjorn lui annoncera qu’il a fait bruler la carcasse, qui lui rappelait trop de mauvais souvenirs.

Par ailleurs, Pointesable est agitée par un fait divers banal : un groupe de puritains, emmenés par l’influente madame Scarnetti, tente de faire fermer la maison de tolérance de la ville, un établissement coquet nommé les chattons de la pixie tenu par la jolie Kaye Tésarani… Certains éclaireurs se trouvent impliqués dans l’affaire ; tout d’abord Alexio qui, ayant marqué son soutien moral au projet de fermeture de ce lieu de débauche, sans toutefois s’impliquer d’avantage, sera approché par madame Scarnetti. Celle-ci lui proposera le soutien de son influente famille pour le développement du culte d’Iomédae à Pointesable s’il s’implique d’avantage dans l’affaire. Le jeune prêtre repoussera poliment l’offre.

Pendant ce temps, Milo, trouvant l’établissement de Kaye fort sympathique, ira proposer à cette dernière de transformer son commerce en temple de Cayden Cailéan, ce qui le protégerait de toute menace de fermeture… Riant de bon cœur à cette proposition, la jeune femme refusera toutefois, arguant que ce n’était pas la première offensive puritaine à laquelle elle devait faire face, mais que la menace n’était pas bien sérieuse, en tous cas pour le moment.

En toile de fond de cette petite affaire, le prévôt Ciguë essaie de calmer le jeu, tout en s’inquiétant de la place que les éclaireurs prennent dans la politique locale. Heureusement pour lui, il devrait bénéficier de quelques jours de calme, puisque ces derniers s’apprêtent à partir pour Magnimar, où ils comptent bien découvrir qui tirait les ficelles derrière Aldern…

16 févr. 2012

Les secrets noyés [MTE]

Après de longues discussions pour savoir qui plongerait, qui resterait dans la barque et qui regarderait les choses depuis la rive, ce sont finalement Kylian et Orgian qui se préparent à descendre, non sans avoir d’abord ingurgité élixirs de natation et autres potions de respiration aquatique. Malgré la mauvaise visibilité, ils ont la chance de trouver l’épave du navire sans trop de difficulté. Celui-ci est coupé en deux, la proue éclatée contre un des rochers qui tapissent le fond du fleuve.

Après quelques essais infructueux, ils parviennent à forcer la porte de la cabine du capitaine, où flottent entre deux eaux draps et paperasses, mais aussi un cadavre en robes noires, sur lequel ils trouvent un pendentif, qu’ils identifieront plus tard comme un symbole d’Urgathoa, dieu des maladies, et un masque identique à ceux que portent les médecins de la ville… Surprenantes découvertes.

Ils poursuivent leur exploration par les cales, dans lesquelles ils pénètrent par le trou béant qui a brisé la coque en deux. La cargaison qu’ils découvrent les laisse pantois : des dizaines de coffrets identiques à celui trouvé à Fin-de-Piste, certains sont encore fermés mais beaucoup se sont ouverts, et gisent au sol entre les morceaux de rat, les pièces d’argent et celles de cuivre qu’ils contenaient. Mais leurs recherches sont interrompues par l’attaque d’un requin bleu, qui sera bientôt rejoint par une guenaude marine, apparemment fort courroucée de découvrir des intrus fouillant son domaine.

C’est un combat difficile qui s’engage, les deux hommes étant peu habitués aux subtilités du combat sous marin, contrairement à leurs adversaires. Quelques coups de lance bien placés ont cependant rapidement raison du requin… Qui est presque aussitôt remplacé par son petit frère, invoqué par la sorcière. Kylian concentre alors toute son énergie à abattre cette dernière, et avec le soutien du barde, parvient à la pousser à rompre le combat. Alors qu’elle leur tourne le dos pour prendre la fuite, un dernier coup de lance l’immobilise définitivement. Il était temps que le combat se termine : l’eau est rouge de sang et les deux plongeurs ne sont guère fringants.

Le temps de reprendre quelque peu leur souffle, ils continuent l’exploration des cales ; la principale découverte qu’ils font est un coffre-fort en ébénite, fermé hermétiquement, perdu au milieu d’une multitudes de tonneaux et de paperasses flottant paresseusement dans les flots obscurs…

Il ne leur reste qu’à jeter un œil à la proue avant de remonter. Ils y découvriront le nom du bateau : l’Ecumeur, mais s’abstiendront de fouiller l’endroit, défendu par une famille d’anguilles du fleuve de taille respectable. Après avoir attaché leurs différentes trouvailles aux cordes qui les relient à la barque, ils donnent le signal de remontée.

Avec deux cadavres sur les bras –la guenaude et l’homme habillé de noir– ils estiment préférable de débarquer loin de la ville, à Fin-de-Piste, où des amis de la famille Soldado leur suggèrent de s’installer dans un hangar à l’écart, pour avoir la paix. Après avoir demandé au caporal de la Compagnie du Sable qui les accompagnait d’aller prendre une bière à leur santé avant d’aller faire son rapport à ses supérieurs, ils font quérir Ishani Dhatri au temple d’Abadar, en lui demandant de préparer un sort de communication avec les morts.

Ils ne perdent pas de temps en l’attendant… Pendant que Silas dépiaute le requin en vue de l’assaisonner aux prochains repas, Kresh parvient à identifier les capacités magiques du masque de médecin : celui-ci immunise au voile de sang et cache l’alignement de son porteur. Les théories commencent à se former lorsque Phellix Crædilla, prêtre de Pharasma, se présente à la porte du hangar. Il a été envoyé par ses supérieurs à la demande du clergé d’Abadar, et se met à leur disposition pour interroger le cadavre.

Trois question plus tard, le cadavre leur a appris qu’il était chargé de conduire le navire jusqu’au port de Korvosa, qu’il travaillait avec ou pour le culte d’Urgathoa et les Mantes Rouges, et que le seul nom qu’il connaisse est celui de Dame Andaisin, grande prêtre du culte de la pestilence. Plus que le reste, c’est l’implication de la fameuse secte d’assassins qui inquiète le groupe… Car si les mantes ont mis leurs moyens immenses et leur talent pour la mort au service d’un complot contre la ville, celle-ci court véritablement un grave danger.

Les éléments en leur possession les laissent penser que l’ordre des médecins est, au mieux, noyauté par le culte d’Urgathoa. Quant aux Mantes Rouges, elles ont sans doute un lien avec les Vierges Grises, même s’ils n’arrivent pas à définir lequel. Reste à savoir qui tire les ficelles : la reine, un de ses proches ou encore quelqu’un d’autre, resté hors d’atteinte depuis le début ? Quant aux documents codés récupérés dans le coffre-fort, Yori pense pouvoir les décrypter, mais cela lui prendra peut-être quelques jours.

La nuit étant tombée entre temps, le groupe se décide à repartir vers la tour de la Compagnie du Sable, pour y faire leur rapport sur les découvertes de la journée. Ils se permettent un petit détour jusqu’à l’académie d’Orisini, mais ce dernier semble absent.

A la Grande Tour, l’officier de garde, après avoir écouté un moment les conclusions de Brecht et de ses compagnons, décide de faire réveiller l’amiral Marcus Endrin, afin qu’il soit mis au courant des dernières découvertes concernant la maladie en ville.

L’amiral partage les craintes du groupe. Il est convaincu que quelqu’un œuvre à la perte de la ville et met en place des manœuvres politiques complexes pour parvenir à ses fins. Il se dit incapable de les aider de manière légale, les médecins de la reine et la Vierges Grises étant au-delà de sa juridiction. Il est toutefois prêt à s’arranger pour que ses hommes ne patrouillent pas à certains endroits, et surtout à les soutenir si ils veulent rendre publiques les preuves qu’ils trouveront sur les médecins… Il les prévient toutefois que sa position politique est actuellement fragilisée par l’absence du Sénéchal, que certains le soupçonnent d’avoir fait disparaître à son avantage… Rumeurs qui le chagrinent au plus au point, vu son attachement à celui qu’il considère comme son mentor. Au cours de la conversation, il leur remettra l’adresse de l’hôpital de campagne des médecins de la Reine, puis finira par prendre congé, non sans leur suggérer d’aller se reposer eux aussi, pour avoir les idées claires le lendemain.

A leur retour à la taverne, Grenna, une vieille amie d’Orgian, les attend devant la porte. Elle est accompagnée d’une jeune varisienne en larmes…

13 févr. 2012

Les carnets de route de Stephan Markov - extrait 3 [CCH]

Je crois que nous étions tous satisfaits de rentrer chez Kendra et de retirer nos armures. En soirée, Nicolaï et Gregori sont venus me montrer leur dos ; ils étaient rouges et couverts de plaques, un peu comme si des centaines d’insectes les avaient piqués, mais aucune trace de dards… J'ai appliqué un baume anti-urticant, mais il faudra surveiller l'évolution de cela attentivement. Quoi qu'il en soit, une bonne nuit de sommeil sera la bienvenue.

***

Ce matin, à l’office, le père Grimburrow s’est montré très convainquant lors de son sermon contre le pêché sous toutes ses formes. Il semblait en avoir après Nicolaï… Je pense que le brave homme n’aime pas beaucoup les arcanistes. De nombreux villageois souhaitant se confesser après la cérémonie, j’ai aidé le vieux prêtre à officier. Je pensais n’avoir droit qu’aux habituels pêchés de gourmandise et autres mauvaises pensées, et si je n’ai pas été déçu de ce côté là, j’ai tout de même appris des choses troublantes sur certains villageois. Il faudra peut-être que j’en parle au père Grimburrow…

Avant de quitter le temple, j’ai discuté avec lui des raisons qui nous poussaient à explorer la prison –la dernière volonté de Petros– et lui ai parlé des morts-vivants que nous y avions rencontré. Il ne semblait pas vraiment étonné, et m’a dit qu’il craignait surtout qu’en fouillant là-bas, nous ne réveillons un mal enfui depuis longtemps, et que celui-ci puisse menacer la ville. Je lui ai promis que nous serions prudents. Si nous l’étions vraiment, nous en resterions là… Je lui ai a nouveau demandé si je pouvais avoir accès à ses archives ; cette fois il a semblé hésiter, mais sa réponse a finalement été négative.

Nicolaï a passé quelques heures en fin de matinée à lier connaissance avec les villageois, mais leur accueil n’est guère chaleureux. Il voulait savoir si il y avait eu de nouveaux arrivants en ville ces derniers mois, mais il semble que ce ne soit pas le cas. Je me suis également promené dans les rues, histoire de m’habituer à l’endroit.

Après une journée de repos, nous sommes repartis vers la prison, et avons repris l’exploration des étages supérieurs où nous les avions laissés. Gregori et Enya sont restés en ville, n’étant pas tout à fait remis des combats de l’avant-veille.

Nous avons du affronter une poignée de striges, dont une d’une taille étonnante, avant de fouiller les cellules : la plupart étaient vides, sauf une, qui contenaient le squelette d’un homme couvert de chaines attachées à une multitude de boulets marqués de symboles divins. Ce type de châtiment est réservé à ceux qui se sont fait passer pour des serviteurs d’un dieu par tromperie… Celui-là avait cumulé les hérésies !

En explorant le deuxième étage, nous avons fait s’écrouler une partie du balcon, juste au dessus de l’endroit où la gargouille s’était effondrée sur le professeur… Peut-être sa mort était-elle finalement accidentelle.

Alors que nous redescendions vers le rez-de-chaussée, nous avons été attaqués par trois crânes enflammés. Un des trois s’est jeté sur moi et je suis tombé inconscient. Mes frères et ma sœur m’ont ranimé, avec difficulté, après que le combat soit terminé, mais j’ai fait un rêve étrange pendant mon inconscience…

Je me suis réveillé dans la sacristie du temple de Ravengro ; le successeur du père Grimburrow se tenait au dessus de moi, et m’expliquait que j’étais resté inconscient près de trois ans. De questions en questions, j’apprenais que seul Nicolaï et moi avions survécus à l’exploration de la prison, et que nous y avions réveillé un grand mal qui avait mis la ville à feu et à sang. Je devais d’ailleurs être jugé pour cela. Tout ce rêve avait l’air tellement réel, et concordait si bien avec mes craintes. Je demandais donc à pouvoir prier en attendant mon jugement, mais je me rendais compte que j’étais incapable de tenir en main le symbole de ma Déesse. Alors que je me forçais à vaincre la douleur et à garder les mains sur la Spirale, je me réveillais, entouré de ma famille, dans la prison…

Au rez-de-chaussée, nous avons trouvés quelques documents intéressants dans le coffre du bureau du directeur, mais également pas mal de matériel dans la réserve où se trouvaient les possessions confisquées aux prisonniers. Dans cette même pièce, cachés derrière une porte secrète, Yvan a mis à jour cinq objets particuliers, non pas magiques, mais sans doute liés à la malédiction de cet endroit. Un grimoire rongé par les champignons, une collection de symboles divins, une flûte traversière, une hachette couverte de sang frais et un marteau de forgeron. Nous rattachions sans peine la flûte et les symboles divins à nos rencontres dans la prison, il restait à voir à qui se rapportaient les autres objets. Sans doute étaient-ils une des clefs permettant de comprendre ce qui s’était passé ici. Nous décidions de rentrer en ville pour réfléchir à nous découvertes.